La proposition d’ouvrir enfin un vrai débat à l’échelle du pays, sur la politique française en matière de cannabis suscite une levée de bouclier politicienne au motif que tenter de réfléchir au sujet, y compris celui de la légalisation, serait déjà une lâcheté.

50 ans d’une politique prétendument répressive, ayant eu comme conséquence d’augmenter la consommation des Français et l’emprise des trafics dans nos quartiers, devrait pourtant inciter à agir différemment.

Malgré un arsenal pénal musclé, devenu inapplicable et donc inopérant, qui fait la chasse au consommateur, la France est désormais le pays d’Europe où l’usage du cannabis est le plus répandu.

Le cannabis n’est évidemment pas un produit comme les autres, particulièrement dangereux pour les jeunes mineurs chez qui la consommation peut engendrer de graves problèmes de santé. Pourtant la France laisse aujourd’hui les parents démunis devant ce tabou. Quant aux habitants des quartiers populaires, ils subissent les trafics.

Le refus de traiter ce sujet constitue aujourd’hui le vrai laxisme.

Dans une démocratie courageuse, un tel sujet devrait pourtant pouvoir susciter le débat.

Des exemples étrangers peuvent d’ailleurs nous éclairer. La solution de la légalisation n’apparaît alors pas comme une lubie, un renoncement ou une facilité, mais au contraire comme une solution d’ailleurs réclamée par le corps médical notamment ou les spécialistes en matière de lutte contre les addictions à l’image de l’ANPAA (l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie).

Pour de nombreux spécialistes du sujet, légaliser c’est avant tout :

•          Encadrer et règlementer la consommation, vis-à-vis des mineurs notamment

•          Contrôler et garantir la sécurité sanitaire des produits

•          Permettre un meilleur traitement des addictions, c’est-à-dire des malades, que l’on
considérerait d’abord comme tels avant de les prendre pour des délinquants.

•          Attaquer les trafiquants au porte-monnaie.

•          Concentrer l’activité de la Police sur ces gros trafiquants, notamment de drogues « dures ».

L’aspect économique, s’il doit être le dernier considéré, est également intéressant à mettre en lumière. Une production, encadrée, contrôlée, pourrait permettre une production agricole française et  donc des débouchés locaux pour une agriculture en pleine mutation. Le cadre règlementaire strict auquel sont soumis nos agriculteurs, serait alors un gage d’une sécurité sanitaire de la filière.

D’un point de vue financier, cette production et cette consommation locale serait soumise à un système de taxation de la part de l’Etat dont les rentrées fiscales importantes pourraient être orientées sur la prévention et la santé ou encore la lutte contre les trafics de drogues « dures ».

Bien sûr cette hypothèse nécessite un travail conséquent et ne saurait se concrétiser sans une étude très approfondie.

Face au cannabis, au-delà des formules, ayons un vrai débat, les Français y sont prêts.

Arnaud Robinet, Maire de Reims (Marne)

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