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AU SEIN DE PARIS : L’HISTOIRE MÉCONNUE DES NOURRICES DE PARIS

Christian de la Hubaudière nous offre ici un roman historique, où Marguerite personnage principal est une nourrice au XVIII siècle. C’est une page « oubliée » de notre histoire, bien que fondamentale dans la survie des nourrissons de l’époque qui a inspiré l’auteur.

Entre le XVII et le XX siècles, des centaines de milliers voir des millions de bébés ont été sauvés grâce à l’allaitement des nourrices de la banlieue de la capitale.  L’auteur passionné d’histoire, nous relate au travers de ce livre, cette pratique. Le cygne, le Plat d’Etain, La croix Verte pour ne citer que ceux-ci, sont des lieux majeurs décrits dans le livre.

Marguerite a vécu de 1743 à 1791, elle a subi les abus et dysfonctionnements de cette industrie. Pourtant on peut qualifier ce métier comme le premier ayant donné l’indépendance aux femmes ! Tel est l’un des messages forts de l’auteur. Gagnant souvent plus que leurs époux, elles sont maîtresses de leur maison.

Un sujet à découvrir au travers d’une histoire hors du commun, mais pourtant exceptionnelle.

Christian de la Hubaudière présente son dernier roman « Au sein de Paris ».

Synopsis du livre

Au XVIIIe siècle, les Parisiennes n’allaitaient pas leurs nouveau-nés, au nombre de 20 à 22 000 par an. Les plus riches (5 % environ) les plaçaient chez des nourrices proches de Paris, plus chères. Les moins riches (5 % également) les allaitaient, signe de grande pauvreté dans la capitale, tandis que 4500 environ, légitimes ou non, arrivaient aux Enfants Trouvés de la rue Saint-Antoine. Cet hospice se chargeait de leur trouver une nourrice, située au maximum à une journée de cheval attelé, tant que faire se pouvait.

Mais comment les autres pères trouvaient-ils des nourrices, plus éloignées et moins coûteuses, pour leurs 15 à 16 000 nourrissons ? On imagine mal ces hommes arpentant la campagne avec leur nouveau-né sous le bras en quête d’une mamelle providentielle.

C’est à partir d’une organisation familiale, artisanale, individuelle, que s’est constituée au fil du siècle une administration collective pour la gestion de ces petits. Elle fut placée sous l’égide du Châtelet de Paris pour la justice, et du curé de la paroisse pour le reste : la religion, la morale, l’état civil, le suivi et les courriers aux parents, l’envoi de l’extrait mortuaire le cas échéant, l’agrément et la surveillance des nourrices et des meneurs… Car il fallait bien une surveillance exercée par un tiers neutre et respecté, pour obvier à toutes les déviances subies par des nourrissons, sources de profit, que leurs parents ne revoyaient pas avant leur retour, si tout allait bien, soit entre deux et trois ans.

Marguerite est l’une de ces 14 000 nourrices qui, chaque année, « montent à la capitale » pour en rapporter un (pas deux) petit parisien à allaiter, puis à sevrer. Quelles sont les modalités du voyage, sa durée, son coût ? Quels problèmes techniques se posent, et comment les résout-on ? A travers elle, on comprend toutes les ficelles de cette profession, devenue une « industrie du nourrisson parisien » au cours de la seconde moitié du siècle, et les règlements qu’elle suscite.

En arrière-plan, on découvre l’évolution de l’art de vivre (dont font partie les arts de la table et les châteaux de campagne), des voies de communication, des moyens de transport, qui permettent d’aller plus vite et plus loin. On voit aussi se développer une économie rurale, centrée autour du cheval et de la nourriture, et financée en grande partie par l’argent provenu du lait des nourrices, donnant des forgerons, faïenciers, charrons, bourreliers, cordonniers, charretiers, boulangers, bouchers et « chaircuitiers », épiciers…

Ce transfert de richesses de la capitale vers les provinces et des villes vers la campagne semble méconnu aujourd’hui. C’est pourtant grâce à lui que s’est construite la France rurale qui se délite peu à peu depuis cinquante ans. Grâce au lait des nourrices qui jouèrent, dans la préparation de la Révolution, un rôle non négligeable dans l’évolution des mentalités, de la morale, de la religion dont elles s’émancipèrent peu à peu. Laissez-vous guider sur ce chemin par Marguerite et ses congénères.

Au XIXe siècle, la prise de conscience des pertes importantes de nourrissons en voyage amènera l’idée de « nourrices sur lieu », allaitant dans les familles parisiennes, dont les Morvandelles ont laissé le souvenir. Mais cela sera une autre histoire !

Pour le découvrir plus amplement voici le site de l’auteur

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