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CAPITALISME ET HUMANISME SONT-ILS VRAIMENT AUX ANTIPODES ?

Nous traversons depuis quelques années maintenant, au-delà d’une crise sanitaire dévastatrice, une crise de conscience profonde. La crise semblait inévitable, virus ou pas. Tout ceci ayant un impact direct sur la compétitivité de nos entreprises et donc sur la société au sens large. Il est donc plus qu’important de se poser les questions suivantes au vu du déclin économique et sociétal de la France : Le tout digital est-il une solution ? Quelles solutions pour les entreprises qui ne parviennent pas à conserver leurs talents ? Comment rendre les entreprises françaises plus attractives ? La stratégie RSE est-elle suffisante pour prôner une attitude sociale ?

Intelligence artificielle VS humanisation du travail

Sans rejeter, loin de là, les avancées technologiques qui envahissent notre quotidien, il est tout de même important de prendre de la hauteur et de se poser les questions suivantes :

Sont-elles fondamentalement nécessaires ? A quoi/à qui servent-elles ? Ou encore, à quel avenir nous préparent-elles ?

A l’heure où nous constatons au quotidien le soutien crucial et sans faille des métiers dévalorisés depuis plus de trente ans, l’apport de la start-up nation est lui quasi nul. En effet, nous voyons bien actuellement que nous sommes encore et toujours à l’âge de la « human nation » qui n’a cessé de prouver que c’est bien sur l’être humain qu’il faut compter et pasuniquement en temps de crise. La valorisation de ces métiers, et bien d’autres, devra faire partie intégrante de la stratégie d’entreprise une fois la crise sanitaire dépassée.

A ce titre, il est clair que la plus grande intelligence de l’Homme ne réside pas dans l’obtention de médailles ou de diplômes à profusion mais bien en sa capacité d’adaptation. Il est nécessaire que les entreprises intègrent aussi dans leurs équipes de management des personnalités dites « atypiques » capables de remettre en question une stratégie à court-terme qui n’aura plus aucun sens dans les années à venir.

Aussi complexe et sophistiqué soit-il, un algorithme ne déterminera jamais aussi fort la puissance des relations humaines que les êtres humains eux-mêmes.

L’intelligence artificielle et le digital doivent et devront rester au service de l’Homme et non l’inverse.

Le télétravail comme solution ?

Autre phénomène, le tout-télétravail, vendu comme LA solution depuis vingt ans, a montré ses limites pendant la crise. La réalité a maintenant rattrapé la fiction. Nombre de parents confinés pourront en parler, le télétravail accompagné des enfants, demande une constante présence devant son ordinateur mais aussi une concentration ultime digne de sportifs de haut niveau. Or, au bureau, nous pouvons prendre des pauses, régler la hauteur de nos écrans et les chaises ergonomiques sont à disposition. Ceci est quasi impossible à la maison où les muscles et la colonne vertébrale sont mis à rude épreuve. Aussi, travailler dans sa cuisine demande une agilité particulière que seules les générations dorées des GAFAM peuvent avoir…

L’être humain est un être social qui a besoin d’interactions humaines pour se confronter, grandir, rire et parfois pleurer. L’entreprise n’est pas juste un endroit où l’on va pour « gagner sa croûte« , elle est bien plus que cela. Ce sera le travail du top management, des Ressources Humaines, des partenaires sociaux et des salariés de traduire cela concrètement.

La RSE : facteur déterminant de la relance économique ?

L’avenir de nos entreprises doit être une priorité ! Il n’y a pas un jour sans que nous entendions parler de réindustrialisation. Au-delà des effets d’annonces il convient de se demander comment y arriver, sur quelles bases, dans quels territoires, quelles seront les priorités stratégiques etc…

Cependant, aucun discours sur l’humanisation du travail ! Les entreprises gagnantes seront celles qui auront compris, pendant cette crise qui ne date pas d’hier, qu’elles doivent avoir un impact sociétal mesurable et reconnu en interne mais aussi à l’externe. L’heure de la communication cosmétique est révolue.

On ne pourra plus prétendre agir sur l’environnement et investir dans le charbon, on ne pourra plus prétendre agir pour l’humain en entreprise et ne pas agir sur les cas de harcèlement par exemple. La transparence sur ces sujets sera dorénavant fondamentale pour attirer des talents mais surtout pour les garder.

A ce sujet, dans le cadre d’une croissance économique long-terme, le plus gros défi à venir pour les entreprises sera le « talent retention » ou comment garder les éléments solides, visionnaires, les acteurs nécessaires au bon fonctionnement de l’entreprise et à sa croissance, c’est ce à quoi l’humanisation du travail répond.

En Novembre 2019, Kewsong Lee, PDG du fonds américain Carlyle déclarait : « Beaucoup d’argent a été investi dans des entreprises qui vendent du rêve, et je ne sais pas si ces rêves se concrétiseront en cash-flow. Mais les marchés ont déjà commencé à corriger ces excès ».

Il est clair que les fonds d’investissement se tourneront à l’avenir vers les entreprises ayant une vision, un impact sociétal long-terme tant en terme écologique et économique qu’humain.

Les objectifs économiques peuvent être étroitement liés à la considération de l’être humain en entreprise. Si l’économie de marché veut survivre, elle devra comprendre et intégrer l’humanisation du travail. Nous ne parlons pas ici d’une quelconque conception angélique du bonheur au travail. Non, il est question d’actions transparentes, visibles, mesurables et harmonisées à grand échelle. A ce titre, les futures normes ESG (Environment, Sustainable, Governance) sont le signe d’une prise de conscience du reporting extra-financier des entreprises sur lequel l’Europe travaille actuellement et pour lequel l’humanisation du travail doit être pris en compte.

Nous sommes arrivés à un tournant de l’humanité. Tout processus de changement est certes difficile, il affecte et laisse des traces mais il est aussi porteur d’espoir.

A l’heure où les hommes et femmes politiques cherchent des idées pour surmonter cette épreuve, celles-ci peuvent venir aussi de citoyens à condition que ceux-ci soient entendus.

Est-ce le moment pour un monde « nouveau » comme beaucoup le pensent ? Est-ce l’avènement d’une financiarisation du système capitaliste plus humanisé ? Seul le temps nous le dira.

Cependant, il tient à chacun d’espérer et de travailler à ce qu’il soit meilleur que celui d’avant et pour cela les citoyens, les hommes et femmes politiques et les entreprises ont tous un rôle à jouer.

Pour ma part, je reste convaincu que l’humanisation du travail a un bel avenir devant lui. L’être humain en a la force et la capacité, ne lui reste plus que la volonté.

Aurélien Herquel, SAS Hu-Man
Contact : info@hu-man.eu 

Site internet : www.hu-man.eu

Crédit photos: Onchira Wongsiri- Shutterstock.

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