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CHAMPAGNE G.RICHOMME : « UNIQUES PRODUITS DE LA MATIÈRE, NOUS AIMONS ÊTRE DÉCALÉS ET EN HARMONIE »

D’une anecdote de famille est née une histoire de famille façonnant des artisans passionnés par leur terroir. Ces vignerons aiment expérimenter, innover et sortir des sentiers battus. Leurs cuvées inventives reflètent ce caractère mis en mots dans leur signature de marque « Quand la matière forge la nature ». En cuverie, bois, métal ou jarre en terre cuite, les contenants réveillent les vins de cette Maison pour des dégustations atypiques. Partons, cette semaine, à la découverte du Champagne G. Richomme, à Barbonne-Fayel dans la Marne. Christophe Richomme et sa soeur Florence Collet nous accueillent dans leur maison familiale.

Présentez-vous, votre domaine, l’histoire de famille ? 

Florence Collet et Christophe Richomme : L’histoire de la Maison Richomme a débuté en 1945, année où notre grand-père paternel a déposé sa marque G. Richomme, il a commencé avec un peu de vignes à Cramant, épicentre de la Côte des Blancs. Côté maternel, notre autre grand-père était charron-forgeron, c’est d’ailleurs de là que nous est venue notre base line principale: « Quand la matière forge la nature ».

Notre père a commencé à manipuler les vins en 1975 et les belles années sont arrivées ensuite. En ce temps là, nous n’avions pas besoin d’agence de communication, tout fonctionnait avec le bouche-à-oreille à l’époque.

Etant dans le Sud de la Marne, nous sommes tout proches de l’Aube, à 30 min de l’Yonne et a une proximité appréciable de la région parisienne. Nous sommes très bien placés géographiquement, à la confluence de plusieurs départements, ce qui est un vrai atout.

Au départ, notre famille était implantée à Cramant, dans les années 60, notre père s’est expatrié à Barbonne-Fayel et grâce aux économies de notre maman, il a pu acheter 1 hectare 20 de vignes. En ce temps là, c’était l’El Dorado. Nous avons emménagé dans une vieille ferme. Aujourd’hui, nous vendons 60 000 bouteilles, et nous sommes fiers de l’héritage laissé par nos aïeuls. Nous vendons encore un peu de raisin aux grandes maisons, l’objectif étant de ne vivre que de la vente !

Au niveau de nos cuveries, mon frère Christophe travaille avec plusieurs matières : l’inox, le bois, la terre cuite, c’est vraiment ce qui nous définit. Les échanges entre la matière et les jus apportent du bénéfice à nos vins.

Quelle est la particularité du vignoble Sézannais ?

F. Collet et C. Richomme : Ici, l’extrême avantage est que nous avons la possibilité d’avoir de grandes parcelles. Nous ne sommes pas dans le côté exacerbé de « craie » apparentée à la Côte des Blancs, même s’ il y a beaucoup de Chardonnay, le sol est très argilo-calcaire.

Nous avons la chance de passer entre les gouttes et les gelées. Nous sommes protégés par la forêt de la Traconne d’un côté, un peu comme l’Alsace et la barrière des Vosges. On ne passe pas au travers de la mauvaise météo à chaque fois, mais nous sommes privilégiés, nous le savons. Aujourd’hui, nous travaillons sur 10 hectares, principalement autour de Barbonne-Fayel.

Quelle place accordez-vous à la nature dans votre exploitation ?

F. Collet et C. Richomme : La nature est reine, nous le savons ! La nature, c’est avant tout les raisins, et nous sommes très bienveillants face à eux. Nous sommes certifiés HVE et VDC, cela a été un véritable saut dans le temps pour nous, car nous n’utilisons plus d’herbicides et nous repassons les charrues aussi ! Depuis plus de 10 ans, nous avons enherbé toute notre surface, pour, au départ, perdre 30 % de nos rendements puis la nature a été généreuse dans le Sézannais et progressivement tout s’est rééquilibré. Ce n’est pas un engagement à prendre à la légère !

Toute la démarche de viticulture durable est passée au crible, des sphères très techniques comme la confusion sexuelle jusqu’à l’utilisation de notre matériel de bureau. Nous ne sommes pas certifiés bio mais tous les produits que nous utilisons le sont ! Le meilleur des traitements reste quand même le soleil, la nature l’emporte toujours !

Présentez-nous vos cuvées et le petit plus de chacune d’entre elles.

F. Collet et C. Richomme : Nous essayons de faire des choses qui ne sont pas ordinaires, notamment grâce à notre élevage en jarre. C’est vraiment un travail important car nous faisons tout, étape après étape, dès la vendange. La vinification, mais aussi le levurage et le passage en tonneaux. Le vin vinifié en jarre est velouté, plutôt doux, c’est étonnant ! Nous avons plein de petits volumes pour faire des vins d’assemblage, cela nous plaît !

Nos jarres viennent d’Italie, plus précisément de Toscane. Elles sont à fond plat et fabriquées de façon artisanale. Nous travaillons beaucoup le Chardonnay et cette technique de vinification semble idéale avec l’alliance de nos raisins. A noter que tous nos noms de cuvées sont évidemment en rapport avec notre baseline.

Notre première cuvée se nomme « L’Originelle« . Il s’agit de la première cuvée commercialisée par la maison. Elle est composé de 70% de Chardonnay et 30% de Pinot Noir. Un basique d’apéritif !

Ensuite, vient « La Fusionnelle« , toujours dans l’esprit de la matière. C’est un assemblage aux notes florales de plusieurs cuvées de Chardonnay, effectué à partir de vins de réserve principalement.

La cuvée « Le Chevronné« , 100% Chardonnay une fois encore, qui est un Millésimé aux notes très compotées.

« Les courbes de Marguerite« , un Blanc de Blancs, élaboré également à partir de Chardonnay. Marguerite, c’est notre maman, c’est un clin d’oeil de plus à notre famille ! La forme de la bouteille est également bien spécifique. Nous avons également un Rosé de saignée, élaboré à base de vieilles vignes parcellaires; que l’on a nommé « L’Egrappée« .

Grâce à Talentueuse Champagne, nous avons développé nos ventes à l’export, notamment en Estonie, aux Etats-Unis et au Japon. Nous avons toute confiance en leur qualité de communication, ils connaissent nos vins, maîtrisent le vocabulaire spécifique du vin et nous sommes très satisfaits de notre collaboration !

Vous utilisiez différents contenants pour vinifier les vins, lesquels et pourquoi ?

F. Collet et C. Richomme : En Champagne, nous avons la chance d’avoir des vins d’assemblage. Tous les ans, notre gamme doit être bien suivie car le goût de nos vins doit être identique et ne pas trop varier dans le temps pour nos clients afin qu’ils retrouvent le même goût que lors de leur première dégustation. Ces éléments et ces matières nous permettent de trouver le juste équilibre dans nos vins. Nous avons une micro-cuverie qui nous permet de trouver davantage de compromis et qui nous sert à faire des petites volumes en parcellaires. Le but étant de choisir chaque année une vigne différente et essayer de faire de beaux mélanges.

Pour ce qui est des matériaux utilisés, nos futs en chêne apportent justement beaucoup de boisé au vin, goût qui est propre à son contenant. Concernant la terre cuite, au même titre que les tonneaux, nous utilisons des jarres de forme ovoïde. Il y a un échange qui se fait entre l’air ambiant et la jarre, il se produit une micro-oxygénation, comme avec un bouchon sur une bouteille de vin, qui apporte beaucoup de minéralité au vin. Nous conservons les vins aussi natures et limpides que possible. On se rend compte que la terre cuite est un matériau vivant, et qu’il y a un vrai échange entre les vins et la matière. Contrairement à une forme cylindrique lors de l’utilisation de cuves en inox, qui sont quant à elles, plus neutre, l’apport et le façonnage du vin est plus intéressant.

Christophe Richomme chérit ses jarres et en prend grand soin @Talentueuse Champagne

Avec les jarres en terre cuite, la fermentation se fait dans le sens des aiguilles d’une montre, contrairement à une cuve cylindrique, avec les lies, on apporte du gras, de la matière.

Quel est votre meilleur souvenir lié au domaine ?

F. Collet : C’est un souvenir assez lointain mais je repense à cette maison, ici, où nous étions déjà lorsque nous étions enfants. Les débuts de la vendange étaient très festifs. Nous ressentions une sorte d’insouciance, il fallait du courage, beaucoup de travail, mais il n’y avait pas toutes ces contraintes que nous avons maintenant, moins d’administratif et l’ambiance était si apaisée dans mes souvenirs.

C’était léger, il y avait beaucoup de gaieté ! Le pressoir était dans la grange, c’était très archaïque à l’époque mais nous étions heureux ! Cette vieille maison, où le toit tenait si peu, regorge de beaux moments de bonheur en famille, c’était un autre temps, la joie d’être ensemble, loin des considérations technologiques et de la sur-connexion actuelle.

Quels sont vos défis, vos envies ou vos projets pour les mois à venir ?

F. Collet et C. Richomme : Nous souhaiterions prochainement faire appel à un street-artist afin de recouvrir un pan de mur dans notre cour intérieure destinée au public et en faire une oeuvre d’art à part entière. Nous souhaitons apporter une touche de modernité en faisant une déco made in Champagne, alors avis aux artistes !

Nous avons aussi un projet plutôt ludique qui va arriver prochainement. Il est prévu pour juin ou juillet 2022, il s’agit d’un escape game, qui se déroulera au sous-sol, dans notre cave. Cela sera bien évidemment sur le thème de la Champagne, et donc du champagne, en passant par notre histoire et nos cuvées.

C’est un projet pour, bien sûr, faire vivre l’exploitation et faire parler de nous, et ainsi, faire connaître le champagne à une population plus jeune. Le côté expérientiel et ludique se prête bien à un rendez-vous en famille, même quand il pleut. C’est une activité qu’on ne trouve pas dans le coin. Nous y avons passé beaucoup de temps, notamment dans l’élaboration des énigmes, Cidéo nous a d’ailleurs prêté main forte pour lier tous les tenants et les aboutissement de cette activité ludique. Nous avons même fait appel à un décorateur de cinéma. Vous en saurez plus bien vite !

Qu’aiment faire les vignerons quand ils ont un peu de temps pour eux ?

F. Collet : Je crois que c’est assez simple, j’aime prendre le temps de vivre, de bouquiner dans le jardin, de faire du jardinage, les mains dans la terre, loin du téléphone du bureau, de l’ordinateur. Le retour à la terre tout simplement ! Après le Covid, j’étais vraiment heureuse de retrouver mes vignes et le grand air !

La vendange dans le respect de la biodiversité @ Talentueuse Champagne

Le raisin, l’essence même de la nature @Talentueuse Champagne

Crédit photos: Talentueuse Champagne.

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