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CHAMPAGNE LE GUÉDARD : UNE TECHNIQUE MAÎTRISÉE ET BEAUCOUP D’INGÉNIOSITÉ

Avec la même recherche d’excellence, Sébastien Sanchez a fait renaître en 2016 le Champagne Le Guédard (marque historique créée par son grand-père). L’objectif : se différencier de la marque de ses parents Sanchez-Le Guédard, tout en valorisant sa certification biologique (AB) et révélant sa démarche sincère envers son terroir. Pour cela, notre vigneron de Cumières sélectionne les parcelles, les provenances pour obtenir des vins différents. Des vins à son image : authentiques, pleins de vie et généreux. Partez à la rencontre de Sébastien, et vous apprécierez le voir passer des heures à remuer ses bouteilles à la main, ou à ouiller ses fûts avec soin…

Présentez-vous ? Parlez-nous de votre exploitation, de votre famille.

Sébastien Sanchez : Notre maison a été fondée par mon grand-père, Bernard Le Guédard, en 1950. Il avait quelques vignes en location et a acheté quelques ares de vignes sur Cumières principalement. Mon grand-père a acheté beaucoup de tout petits bouts de vignes, des « confettis » comme je les appelle souvent. Il a aussi acheter des friches et des bouts de forêts qu’il a débroussaillé à la main pour finir par planter et avoir à son actif près de 3 hectares de vignes.

Dans les années 80, mon grand-père à pris sa retraite. Je suis un petit-fils de migrant, mon grand-père est arrivé en 1936 et s’est marié avec une femme originaire de Cumières. Mes parents se sont beaucoup développés sur le marché français, notamment avec le développement des salons dans les années 90 dans les grandes villes de France.

La marque Sanchez-Le Guédard continue a faire des stocks de vins non bio pour les particuliers. Nous avons une production d’environ 45 à 50 000 bouteilles par an.

Quand à nos vins Bio, j’ai repris la marque Le Guédard de mon grand-père qui était éteinte, j’y fais maintenant uniquement du pro, de l’ export, ce qui nous permet d’avoir deux segments bien distincts.

Parlez-nous de votre terroir, quelle est sa particularité ? Votre façon de vinifier dans tout ça ?

Sébastien Sanchez : La particularité de Cumières est d’être un village qui est composé comme un amphithéâtre. Il est en forme de fer à cheval; quand il fait froid, la douceur de la Marne s’engouffre dans la plaine. Il y a toujours entre 0,2 et 0,4 degrés de plus toute l’année.

A Cumières, on trouve principalement du Pinot Noir à hauteur de 70 %. Les vins de Cumières sont riches, vineux et très ronds. Le travail du sol joue également un rôle considérable. Chez nous, on charrute, ce qui va faire que la vigne va aller se nourrir plus loin dans le sol, ce qui va donner plus de minéralité dans le vin, avec des acidités plus hautes. Les vins sont structurés et donc plus complexes.

Nous travaillons encore avec un pressoir en bois de 3200 kilos que nous avons rénové. Nous vinifions nos vins de façon très traditionnelle. C’est un petit pressoir très bien taillé pour notre exploitation. Nous vinifions soit en fut de chêne, soit en cuve inox.

Tous nos vins sont remués à la main, nous n’avons pas de giropalette. Nous faisons des lots de 7000 bouteilles sur pupitres et nous remuons les 7000 bouteilles, à 2, en une vingtaine de minutes, tous les matins. Nous utilisons également des bouchons traditionnels à 2 rondelles. Nous sommes très exigeants quant à la qualité des produits que nous choisissons, et ce, à tous les stades de la production de nos vins.

Vous travaillez en bio, mais pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie réellement ?

Sébastien Sanchez : Le bio est une aventure. Après avoir fait plusieurs salons à l’époque, mon père sentait que quelque chose se passait dans la sphère du bio. Nous avons commencé à utiliser des désherbants moins nocifs pour l’environnement, et nous avons décidé de ne plus désherber à partir de l’an 2000. Alors, nous avons semé du gazon et nous ne mettions plus de produits sur la terre. En 2002, nous charrutions déjà 30 % du vignoble. Il nous a fallu acheter plus de matériel pour parer à cette nouvelle activité.

Depuis 2003, nos sols n’ont pas vu un seul désherbants chimique ni aucun insecticide car nous pratiquons depuis la confusion sexuelle à ce sujet. En 2007, la notion du bio était encore un peu floue mais nous voulions faire pleinement du bio. Faire du bio, c’est produire sans produit chimique de synthèse. Il n’y a que des produits naturels modifiés industriellement. Le bio avec zéro adjuvant ajoutés, ça n’existe pas. A l’instar des pieds de tomates, il faut toujours mettre un peu de bouillie bordelaise pour les aider à pousser et à donner de gros fruits. Pour les vignes, le cuivre et le souffre peuvent être réduits mais on ne peut pas s’en passer totalement.

En 2007, on décide de se lancer et nous faisons appel à Vincent Laval, viticulteur à Cumières. Ce monsieur a des vignes bio depuis 1971, c’est un pionnier et un exemple ici. Il nous explique qu’il y a des doses spécifiques à ajouter, afin de ne pas charger les sols en métaux lourds. Nous essayons sur 5 %, puis 10 % et progressivement nous avons augmenté nos surfaces pour passer à 30 %, aidé par la Chambre d’Agriculture qui imposait un marge de progrès mesurée. Sur les 70 % restants de vignes conventionnelles, nous étions en réduction de dose. Depuis 2012, nous avions tellement réduits nos doses que passer en bio était devenu une évidence.

En 2016, nous avons effectué nos premières vendanges en certification bio. Malgré une perte de 40 % de la récolte, nous avons continué sur cette lancée et aujourd’hui nous avons de nouveau de très bons rendements.

Le premier critère que nous prenons en compte est la maturation du raisin, nous recherchons des raisins bien mûrs car ils seront gorgés de sucre naturel. Mon grand-père a toujours vendangé tardivement.

Nous faisons du vin avant de faire du Champagne. Faire du vin, c’est beaucoup de petits détails.

Travailler en bio, une évidence pour vous ? En quoi cela résonne avec vos valeurs ? 

Sébastien Sanchez : Nous ne travaillons pas en bio car c’est la mode du moment. Nous n’avions pas prévu initialement d’en faire. Mais après la certification, nous avons souhaité avancer, il s’agissait plutôt d’une continuité. Et l’aventure n’est pas terminée, l’idée c’est de progresser et peut-être faire une formation en biodynamie.

Le but est de tester, pour se faire son avis, voir si cela fonctionne ou pas et surtout sortir de la routine et s’inventer de nouveaux défis au quotidien. Nous pensons déjà à sortir de nouvelles cuvées très prochainement.

Pouvez-vous nous expliquer les particularités de vos cuvées ? 

Sébastien Sanchez : Sur la gamme Champagne Le Guédard, nous avons la cuvée Blancs 2 Noirs à base de 60 % de Pinot Noir et 40 % de Meunier appelée « Les Vignes de mon Grand-Père« . C’est une cuvée très typique de mon grand-père à base de plusieurs parcelles, uniquement des vignes de Damery pour lui rendre hommage.

Dégustation du Champagne Le Guédard « Mes trois terroirs » à Cumières.

Notre seconde cuvée se nomme « AssemblageMes 3 Terroirs« , c’est un peu la carte d’identité de notre maison. Elle est issue d’un assemblage de vignes présentes sur la Côte des Blancs, la Vallée de la Marne et la Montagne de Reims. Elle est composée de 60 % de Pinot Noir, 20 % de Meunier issus de cuves inox et 20 % de Chardonnay en fûts de chêne demi-muid bourguignons de 5 hectolitres. Le bois apporte un gras léger au vin, mais modérément, on ne veut pas que le boisé ressorte trop dans nos cuvées, nous souhaitons garder la typicité du vin, avec des notes de violette.

Et enfin, notre troisième cuvée est un Rosé de Saignée, 100 % Pinot Noir de Damery issu d’une seule et même parcelle « Les Pierre-Martin » avec des grains très lâches et très aérés. Le raisin est totalement égrappé à la vendange pour éviter l’amertume. On recherche une impression de « bonbon » en bouche, très fruité, sans tanin. On y inclut une macération assez courte de 18 à 20h.

Toutes nos cuvées sont développés en zéro dosage et en Brut, « 7 grammes » afin de diversifier notre clientèle et trancher véritablement en termes gustatif.

Quels sont les adjectifs qui reviennent le plus souvent quand les clients parlent de vos champagnes ? 

Sébastien Sanchez : On dit souvent que nos vins sont assez riches, assez vineux. C’est vraiment le style de la Maison. Nous avons beaucoup de vins en cave, nous ne vendons que très peu de vins jeunes.

Nous mettons un point d’honneur également à suivre une régularité des vins irréprochable, nous ne vendons jamais de vins avant 3 ans. Et s’il y a quelques petites irrégularités, l’effet du temps les gommera.

Quels ont été et quels sont les avantages à travailler avec Talentueuse Champagne ?

Sébastien Sanchez : Notre clientèle a beaucoup évolué en l’espace de quelques années. ll nous a presque fallu repartir de zéro. Nous avons donc décidé de créer nos cuvées en zéro dosage pour diversifier notre clientèle et avoir une marge de manoeuvre plus importante grâce à eux notamment avec les salons.

Travailler avec Talentueuse Champagne nous aide à faire évoluer les choses. En effet, réfléchir à plusieurs permet d’avoir l’avis de chacun et de conforter ou non la direction qu’on souhaite prendre. Je fais également parti du Club Trésor et de Génération Champagne.

Crédit photos: Talentueuse Champagne/ Cidéo.

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