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DÉMANTÈLEMENT D’UN TRAFIC DE « GAZ HILARANT » : 15 TONNES SAISIES À COLLÉGIEN

Sur une information recueillie dans les Hauts-de-Seine, la police judiciaire a remonté la filière jusqu’à Collégien, en Seine-et-Marne. Elle y a saisi, la semaine dernière un stock de protoxyde d’azote ou « gaz hilarant », ainsi qu’un chargement en cours de livraison, soit en tout 14,8 tonnes. Ce trafic en pleine croissance met en danger la santé de ceux qui en consomment.

L’affaire démarre dans les Hauts-de-Seine, comme l’a relaté l’édition locale du Parisien. Début août, un scooter est contrôlé, le conducteur s’enfuit, mais sa passagère est interpellée et dans les soutes de l’engin, les policiers dénichent 6 bouteilles de protoxyde d’azote et une petite somme d’argent. Le propriétaire du scooter se livre à la police un peu plus tard et lui donne quelques informations précises. 

Il effectue des livraisons de gaz hilarant à des clients qu’il recrute via Snapchat. Il se fournit lui-même à Collégien, en Seine-et-Marne, où la marchandise est stockée dans deux box. Lorsque les policiers s’y rendent, deux jours plus tard, sans doute tuyautés par une surveillance discrète de l’endroit en question, ils tombent sur une livraison.

Selon les informations distillées par le parquet de Nanterre, « un chauffeur-livreur néerlandais » venait y déposer « 14 palettes de bonbonnes de protoxyde d’azote ». Poids constaté de 12,6 tonnes, auquel s’ajoute le stock de 800 bouteilles découvert sur place, soit 2,2 tonnes. La police judiciaire cherche maintenant à identifier les organisateurs.      

Un produit légal, mais un trafic illégal 

Le protoxyde d’azote a des usages légaux, pour lesquels il est en vente libre et une utilisation illégale, sanctionnée par des poursuites. On le trouve en grande surface sous forme de capsules destinées à alimenter des siphons pour appliquer la crème chantilly. On le trouve aussi en bouteille ou en bonbonne à des fins médicales pour ses vertus antalgiques ou analgésiques.     

Il est aussi employé comme « gaz hilarant » dans des soirées, comme alternative à d’autres psychotropes. Les capsules ou les bouteilles sont vidées dans des ballons-baudruches que les fêtards inhalent. L’espace de plusieurs dizaines de secondes, ce gaz leur offre une abolition relative de la perception et une forme de désinhibition, en même temps qu’une irrépressible envie de rire. Le problème, c’est qu’il peut provoquer des troubles neurologiques et qu’il met potentiellement ses utilisateurs en situation de danger.

Plusieurs décès dus à des crises cardiaques ont été relevés, de même que des accidents impliquant des personnes venant d’en inhaler.        

Stratégie judiciaire

La difficulté, c’est d’arrêter les trafiquants, alors que l’objet de leur activité est un produit légal. Une loi récente en a interdit la vente aux mineurs. Mais, sauf flagrant délit, celle-ci est malaisée à prouver. La justice a fait preuve de créativité. Lorsqu’elle a affaire à un réseau, avec des boss et des employés, elle les poursuit pour travail dissimulé. Elle a aussi lancé des poursuites pour « administration de substances psychotoxiques ».

Récemment, dans les Hauts-de-Seine, les responsables d’un réseau ont été condamnés à 8 et 10 mois de prison. Mais ces complications judiciaires laissent le trafic se développer depuis 3 ou 4 ans aussi bien dans les fêtes privées que dans certaines boîtes de nuit.           

Crédit photos: Pixarno – AdobeStock.

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