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GRAND PARIS EXPRESS : DES JO DE 2024 À L’HORIZON 2030

Une partie du Grand Paris Express sera dans les starting-blocks pour l’ouverture des Jeux olympiques de Paris le 26 juillet 2024. La plupart des nouvelles lignes entreront en action entre 2026 et 2030. Au-delà des JO, le GPE transformera profondément la région parisienne pour les décennies à venir.

Deux cents kilomètres de tunnels, 68 nouvelles stations, 4 nouvelles lignes (15 à 18), 2 lignes prolongées (11 et 14) … Le chantier du nouveau réseau de transports en commun francilien du Grand Paris Express (GPE)(1) a été qualifié, à juste titre, de « chantier du siècle » en Europe.

Initié en 2010, il réunit autour du donneur d’ordre – l’entreprise publique Société du Grand Paris (SGP) – la fine fleur du BTP français et européen et les collectivités locales. Dans son sillage, c’est toute l’Ile-de-France qui se transforme. À terme, le GPE accueillera quotidiennement deux à trois millions d’usagers. Il facilitera l’accès à la capitale, mais surtout les échanges entre communes du pourtour parisien. Sa mise en service complète s’étalera entre 2024 et 2030.

Où en sont les travaux ?

2024. La date n’est pas anecdotique. Pilier du dossier de candidature de Paris à l’organisation des Jeux olympiques d’été de juillet 2024, le futur réseau de transports a été un atout non négligeable dans l’attribution des J.O. (2) à la plus belle ville du monde. « En 2016, quand on a construit notre dossier de candidature, on s’est calé sur la carte du Grand Paris Express, expliquait en avril 2021 Tony Estanguet, trois fois médaillé d’or aux JO et président du Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO). Les Jeux se sont adaptés à la carte des transports de cette région Ile-de-France pour implanter des sites de compétition là où étaient prévues des gares.»

Les organisateurs des olympiades sont donc très attentifs à l’avancée des travaux : « Sur la ligne 14 et la desserte entre Orly et Pleyel par la RATP, on devrait y arriver. La structuration de la porte Pleyel devrait être assurée pour les Jeux olympiques et paralympiques», souligne Nicolas Ferrand, directeur général de la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques).

Des doutes persistent sur la tenue des délais pour d’autres tronçons, des difficultés techniques et l’arrêt des chantiers en 2020 lors des confinements ayant entraîné des retards que les entreprises de construction tentent aujourd’hui de rattraper. La SGP, elle, a d’ores et déjà annoncé que la Ligne 16 ne serait pas prête (3) pour l’ouverture des Jeux olympiques.

« La première partie de la Ligne 16 de Saint-Denis Pleyel à Clichy-Montfermeil est aujourd’hui prévue pour le deuxième semestre 2026 », a expliqué en juillet dernier Jean-François Monteils, le président de la SGP. Un décalage dans le temps expliqué entre autres par un complexe chantier de désamiantage à Aulnay-sous-Bois, par l’arrêt des tunneliers lors de la crise du Covid-19 et par l’enquête de six mois suite au décès d’un ouvrier sur le chantier à Noël 2020.

Même si la ligne 16 ne sera pas intégralement prête pour l’échéance olympique, le maximum continue à être fait par ailleurs, comme en atteste (4) par exemple Pascal Hamet, directeur du projet chez Eiffage Infrastructures : « Nous sommes toujours prêts pour qu’une partie du GPE soit en service pour les Jeux olympiques de 2024. Sur ce lot de travaux, Eiffage est en charge de la construction du dernier tronçon de la Ligne 14, d’un tronçon de la future Ligne 15, d’un tronçon de Ligne 17 et un plus large tronçon de la Ligne 16. Sur la fin de la Ligne 14, nous avons achevé de creuser le nouveau tunnel (en avril 2021). Dans la continuité, nous avons coulé le béton sous voies pour constituer la plateforme horizontale sur laquelle roulera le futur métro. » En attendant les rails posés par la RATP.

La SGP devrait bientôt lancer les appels d’offres pour les derniers lots à attribuer, qui se feront selon le principe de conception-réalisation (5) : les entreprises du BTP seront responsables des chantiers, depuis la conception jusqu’à la mise en service.

Les défis environnementaux à relever

Sur les 200km de tunnels, les entreprises de construction ont mis les bouchées doubles depuis l’arrêt des travaux à cause de la pandémie au printemps 2020, en accord avec la SGP et les parties prenantes locales. Pour tous les acteurs du chantier du siècle, l’un des enjeux primordiaux reste la lutte contre les nuisances (6) pour les riverains et le respect de l’environnement.

« Notre engagement en faveur du développement durable part de la réalité du terrain, avance Patrick Fila, directeur QSE chez Demathieu Bard. Nous travaillons avec l’ensemble des parties prenantes pour ne mettre en œuvre que les actions réalistes et durables. Un chantier de construction entraîne potentiellement des nuisances pour les compagnons, les éventuels occupants du site, les riverains et les passants. Chaque projet fait l’objet d’un PRE (plan de respect environnemental), élaboré dès la réponse à l’appel d’offres, qui anticipe les nuisances et décrit les procédures pour les atténuer, voire les supprimer. »

Les performances des entreprises impliquées sur les chantiers s’évaluent à l’aune des obstacles techniques à surmonter. L’un des plus importants reste la gestion et la revalorisation des 45 millions de tonnes de déchets (7) engendrés par l’excavation des tunneliers. « C’est une quantité considérable, qui entraîne une hausse de 10 à 20% de la quantité de déblais générée chaque année en Ile-de-France », souligne Frédéric Willemin, directeur de l’ingénierie environnementale à la SGP.

Les bénéfices à long terme du GPE

Atteindre l’objectif des Jeux olympiques n’était pas le seul objectif. À plus long terme, le Grand Paris Express est surtout synonyme de développement pour toute la région parisienne, durant la période des travaux comme à plus longue échéance. Car les chantiers en cours cristallisent différents enjeux – environnementaux, sociétaux et économiques – et constituent donc des opportunités à de nombreux niveaux.

Selon le cahier des charges de la SGP, les grandes entreprises de construction sont tenues d’impliquer les acteurs locaux, et de développer l’insertion des jeunes à long terme. Certaines vont même au-delà de leurs engagements initiaux. « Les travaux du GPE ont commencé en 2016, nous sommes aujourd’hui sur la dernière vague d’appels d’offres des grands travaux qui s’achèveront à l’horizon 2030. En région parisienne, nous avons connu un flux continu d’embauches, explique Benoît Maureau, directeur opérationnel chez Eiffage Génie Civil. Sur le GPE, nous mettons en place des programmes d’embauche spécifiques à nos activités, comme dans les tunnels par exemple. […] Par contrat, la SGP a exigé des entreprises commissionnées comme Eiffage une part minimale de 20% de travaux sous-traités à des PME locales et un pourcentage, également minimal, des heures de travail données à des personnes en insertion professionnelle (entre 15 et 20%). Chez Eiffage, nous dépassons largement ces deux critères sociétaux imposés par la SGP. »

La Société du Grand Paris, elle, avance des chiffres qui permettent de cerner l’ampleur du projet (8) La mise en service des nouvelles lignes créera 115000 emplois dans la région et permettra de désenclaver les petites communes du pourtour parisien. Plus de la moitié des nouvelles gares desserviront les quartiers prioritaires de la politique de la ville et inciteront les communes à développer leurs opérations d’aménagement du territoire et leur politique du logement.

Le GPE deviendra donc l’élément central dans la vie des 12,2 millions d’habitants de la région Ile-de-France Rendez-vous à la fin des travaux en 2030.

Olivia Taylor.

Crédit photos: NIX PHOTOS.

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