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GUADELOUPE : PARTIE DE POKER À POINTE-À-PITRE

La partie se joue à 3 : chefs syndicalistes, élus de l’archipel, représentants de l’Etat. L’enjeu est la crédibilité de chacun des acteurs et le prix à payer pour sortir de la crise. Pour l’instant, la partie est bloquée et les mises grimpent. Est-ce que tout le monde peut suivre ?

La négociation demandée par les syndicats à l’origine de la « grève générale » et par les élus aurait dû commencer hier. Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, arrivé la veille en Guadeloupe, a bien rencontré les représentants de l’intersyndicale. Mais ceux-ci n’ont pas voulu « condamner clairement les violences », comme le leur demandait le ministre, ni discuter dans ces conditions.

Comment le pourraient-ils ? La grève n’a pas pris, hormis chez les activistes syndicaux anti-obligation vaccinale dans les hôpitaux, chez les pompiers et dans quelques rares corporations, comme les taxis touchés par la hausse des carburants. Même dans les hôpitaux, elle repose sur l’intimidation des piquets de grève à l’égard de ceux qui viennent travailler. Ceux qui sont en règle avec l’obligation vaccinale y représentent près de 90 % des personnels. 

Pour perdurer, la « grève générale », menée par une petite minorité de jusqu’auboutistes, a besoin de relais extérieurs. Les barrages routiers jouent ce rôle, en troublant l’ordre et en perturbant l’activité dans l’archipel. C’est l’atout n°1 des chefs syndicalistes. Ils se gardent donc bien de condamner les émeutiers, qui résistent aux gendarmes y compris à coups de fusil. Au contraire, dans leurs revendications figure « la suspension des condamnations des personnes pour les violences ». On ne peut être plus clair.

Sébatien Lecornu a aussitôt regretté que l’intersyndicale ne veuille pas « condamner des tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes ». Son collègue de l’Intérieur, Gérald Darmanin, l’avait dit d’emblée : « le rétablissement de l’ordre public est le préalable à toute discussion. »

Le couvre-feu prolongé 

Dans ces conditions, le préfet a reporté la fin du couvre-feu, d’abord prévue hier, du 29 novembre au 2 décembre. Dans le même temps, 70 gendarmes mobiles sont arrivés en renfort, ainsi que 10 membres supplémentaires du GIGN. La répression est le premier atout du Gouvernement, puisqu’il doit faire face à la violence instrumentalisée par les meneurs de la « grève générale ». 

Les ministres de l’Intérieur et des Outre-mer tirent argument des gendarmes blessés, des « tirs à balles réelles » qui les visent, des bouteilles de gaz placées comme des mines dans certains barrages, du racket et des « agressions sexuelles » sur des passantes et des automobilistes.

En réalité, ils veulent surtout arriver à démanteler ces barrages durablement, et mettre ainsi fin à la pseudo-grève générale.        

Les élus se dédisent

Les derniers joueurs sont les élus qui gèrent la région et le département. Ils ont commencé par un bon coup de bluff : s’ils avaient plus de pouvoirs, ils auraient pu résoudre la crise née de l’obligation vaccinale. Sébastien Lecornu les a pris au mot et leur a proposé de mettre sur la table la question de l’autonomie.

Ils se sont empressés de se dédire et de renvoyer le débat sine die. Leur main est si faible, qu’ils se contentent de coller aux basques des syndicalistes et de miser comme eux sur la poursuite des blocages. Pas sûr que la majorité des Guadeloupéens s’y retrouve.       

Crédit photos: Frender – Adobestock.

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