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GUYANE : CHANGEMENT DE PROGRAMME À KOUROU APRÈS LE DÉPART DES RUSSES

L’annulation par la Russie des prochains départs de Soyouz, désorganise le calendrier des lancements du CSG. Elle hypothèque aussi certaines opérations spatiales déjà programmées. Sur place, des fournisseurs guyanais s’inquiètent aussi. Le retard à l’allumage sera inévitable, mais l’ESA étudie le remplacement des Soyouz par ses propres lanceurs.

Cet hiver est celui des contrastes pour le CSG (Centre spatial guyanais). Après le fantastique lancement du télescope spatial James Webb (JWST) pour la NASA, l’interruption du programme des lanceurs Soyouz sème l’inquiétude sur le futur proche du site de Kourou et de sons écosystème. La Russie l’a décidé en riposte aux sanctions européennes prises à la suite de l’invasion de l’Ukraine.

La dernière mission effectuée par la fusée russe a eu lieu le 6 décembre 2021, avec la mise sur orbite de deux satellites du système européen de géolocalisation Galileo. La suivante, prévue le 5 avril 2022, concernait un satellite d’observation militaire français. Le CSO-3 doit compléter ce système de surveillance, dont les deux autres éléments sont déjà opérationnels.

Au CSG, après le succès de JWST, l’avenir s’écrivait en rose, avec des projets d’agrandissement. Pas moins de 12 lancements étaient à l’agenda 2022. Outre 4 Soyouz, y figurent toujours 4 vols pour Ariane 5, 3 Vega, dont la nouvelle Vega-C, et aussi le premier lancement d’Ariane 6.

Un autre programme spatial européen est également victime du retrait russe, c’est OneWeb, dont la « constellation » était mise en place par les Soyouz depuis Baïkonour, au Kazakhstan. Le lancement du 5 mars, qui comprenait 36 satellites, a été annulé, parce que le Royaume-Uni a refusé le diktat des Russes qui voulaient l’évincer de la société commanditaire.

Solution de remplacement

L’Agence spatiale européenne, l’ESA, qui est maîtresse d’œuvre des lancements au CSG, n’a pas eu à aller chercher très loin une solution de remplacement. Suivant la taille et le poids des engins à mettre sur orbite, elle aura recours à Vega-C ou bien à la très polyvalente Ariane 6. Ainsi, le CSO-3 d’observation militaire devrait-il être mis sur orbite par cette dernière.

Mais il faudra compter un an de retard, car Ariane 6 doit encore faire ses preuves. Son vol inaugural n’est programmé qu’en fin d’année. Le directeur de Roscosmos, Dmitri Rogozine, à l’origine de cette rupture de contrat, a ironisé :

« L’ESA peut lancer des satellites européens sur ses fusées… quand elle en a. » De toute façon, le contrat Soyouz expirait fin 2023. Mais, à partir de l’an prochain, tout sera rentré dans l’ordre. Et la collaboration avec la NASA, dans le sillage de James Webb, s’annonce autrement prometteuse.

Dégâts collatéraux 

Ceux qui s’inquiètent encore, ce sont les fournisseurs sur place, à l’image de l’Hôtel du Fleuve, à Sinnamary. Celui-ci hébergeait à chaque lancement, pendant un ou deux mois à chaque fois, plusieurs dizaines de techniciens russes et jusqu’à 200 parfois.

D’autres entreprises ou commerçants sont également touchés. Le président de la CTG (Collectivité territoriale de Guyane), Gabriel Serville, a déjà réclamé une « compensation » à l’Etat pour ce « manque à gagner ». 

Crédit photos: 3DSculptor – GettyImages.

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