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GUYANE : DES PARENTS D’ÉLÈVES BLOQUENT LE RECTORAT

Il n’y a pas de vacances pour les parents. Un groupe d’entre eux, mécontents de voir leurs enfants sans affectation pour la rentrée prochaine, bloquent depuis lundi matin 19 juillet l’entrée du rectorat. L’UGTG et Trop Violans les ont rejoints.

Entre ces mères en colère et le rectorat, il s’est jouée un partie de cache-cache, que le second n’est pas certain de gagner. Elles se sont mobilisées dès la fin juin, quand elles ont vu que leurs enfants respectifs n’avaient pas d’affectation dans un établissement scolaire ou bien une affectation qui ne correspondait pas à leur vœu ou à leur situation. 

Elles ont en vain demandé à rencontrer le recteur de Guyane. S’apercevant que les vacances approchaient et qu’on les faisait lanterner, elles ont décidé le blocage. Le directeur de cabinet du recteur a fini par s’émouvoir et leur proposer un rendez-vous avec son supérieur jeudi en fin de journée. Mais elles ont compris qu’on les baladait, car, dès le lendemain, le rectorat serait fermé pour cause de congés. Elles ont décidé de maintenir le blocage. Et elles ont reçu le soutien actif du syndicat UGTG et de l’association Trop Violans.

Des affectations au petit bonheur la chance

Au cours du 3e trimestre, les élèves, avec l’aide de leur famille, demandent via Educonnect une affectation dans un établissement précis pour la rentrée de septembre. Normalement, ils reçoivent cette affectation en fin de trimestre. Celle-ci n’est pas toujours conforme à leurs vœux, mais la raison doit être justifiée.

Dans le cas de ces enfants, c’est le plus souvent une question de sureffectifs. Quand un lycée est plein – et souvent plus que  plein – on envoie les élèves restants dans un autre plus éloigné ou qui n’offre pas l’enseignement voulu. Ou bien nulle part. A cela s’ajoutent des erreurs portant sur l’adresse ou la situation familiale, qu’il semble ardu de faire admettre.    

Un problème de places

La Guyane ne dispose pas des établissements et classes nécessaires au regard de sa démographie. Elle accuserait un retard de dix ans en matière de constructions scolaires. Une des mères explique : « Il n’y a plus de place à Cayenne donc nos enfants ont été affectés à Balata. » Une autre ajoute : « Au lieu d’aller dans un lycée professionnel, suivant l’orientation  convenue, l’élève est envoyé dans une filière générale. » 

Elles tirent argument d’un tout récent rapport universitaire patronné par l’UNICEF et le Défenseur des droits qui dresse un constat accablant des difficultés de la scolarisation en Guyane. Les affectations en souffrent évidemment. Mais lorsqu’elles sont trop éloignées des vœux des élèves ou de leur domicile, indiquent ses auteurs, elles entraînent leur déscolarisation.

Crédit photos: Yaw Niel- Shutterstock.

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