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GUYANE : DES PIRATES ATTAQUENT LES PÊCHEURS À L’EMBOUCHURE DU MARONI

La semaine dernière, une bande de malfaiteurs s’en est pris en plusieurs fois à des bateaux de pêche à l’ouvrage dans l’estuaire du Maroni. Les assaillants étaient nombreux et armés. La flottille attaquée venait du Surinam, avec à bord de nombreux marins guyaniens. Plusieurs pêcheurs ont été blessés, dont deux par balles.

Le scénario s’est répété plusieurs fois dans la semaine, mais toujours à l’embouchure du Maroni, juste à la frontière fluviale entre le Surinam et la Guyane française. Les pirates étaient une quinzaine arrivés sur 4 ou 5 embarcations. Ils étaient équipés de gilets pare-balles et de fusils de chasse.

En tout, 15 bateaux de pêche ont été attaqués et 70 marins, en majorité originaires de Guyana, victimes de ces violences. Plusieurs ont été blessés. Les assaillants se sont montrés très brutaux, d’après les témoignages recueillis, n’hésitant pas à frapper les pêcheurs et à tirer sur eux pour les forcer à s’arrêter. Deux des blessés ont été atteints par des balles. Les pirates ont emporté tout ce qu’il pouvait, à commencer par les produits de la pêche.

Dans ces eaux, les « tapouilles » de toute provenance recherchent en priorité l’acoupa. Ce poisson est très prisé en raison de sa chair, mais plus encore à cause de sa vessie natatoire à laquelle on prête des vertus soi-disant aphrodisiaques. Ce qui amène nombre de bateaux surinamiens à venir pêcher sans autorisation dans les eaux françaises

Les pêcheurs de Guyane s’en plaignent, de même que les associations de défense de l’environnement, car ils ne respectent rien, ni les quotas ni les zones protégées. Seuls, les patrouilleurs de la marine et de la gendarmerie les remettent dans le droit chemin en les arraisonnant et en saisissant leur cargaison pêchée en toute illégalité. Mais s’ils ne peuvent plus, du fait des pirates, poursuivre leur activité dans leurs propres eux territoriales, ils ne vont pas tarder à revenir de ce côté-ci de la frontière.       

Le plus inquiétant, c’est le manque de réaction des autorités surinamiennes. Elles assurent que la police d’Albina, ville située sur le Maroni en face de Saint-Laurent, est saisie de l’affaire. Mais une première attaque s’était apparemment déjà produite voilà un mois. Et durant la semaine, les agressions se sont répétées, sans intervention des forces de sécurité. Cette impunité ne peut qu’encourager les pirates.

Le précédent de 2018 

Le phénomène n’est pas nouveau. Une autre bande s’était déjà manifestée en avril 2018. Un peu plus au large, ils avaient assailli à coups de sabre quatre bateaux de pêche surinamiens. Ils avaient tué 15 des 20 pêcheurs, pour venger, a-t-on dit, la mort de leur chef dans une précédente expédition.

Cette fois-là, l’émotion et la colère soulevées par ces crimes avaient poussé les autorités à réagir. Certains des pirates avaient été arrêtés et condamnés. Ils ont quand même fait des émules.

Crédit photos: Mathess – GettyImages.

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