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GUYANE : FEU VERT DU CONSEIL D’ÉTAT À LA FUTURE CENTRALE EDF DU LARIVOT

Le chantier de la future centrale électrique du Larivot était arrêté depuis l’été dernier, en raison d’une décision du tribunal administratif, à la demande d’associations de défense de l’environnement. Le Conseil d’Etat, saisi, lui, par la ministre de la Transition écologique et par EDF, a autorisé la reprise des travaux.

Pour la Guyane, la nouvelle centrale est un enjeu très important. Mais les travaux ont été stoppés fin juillet 2021 par le juge des référés du tribunal administratif. Ce dernier, saisi sur le fond du dossier par des associations écologistes, ne s’était toujours pas prononcé, alors que le chantier avait démarré. Le juge des référés a estimé que certains des arguments des écolos tenaient la route.

Juridiquement parlant, il a suspendu l’arrêté du préfet autorisant les  travaux au regard de la protection de l’environnement. Le projet de centrale au Larivot avait déjà pris du retard. Celle-ci doit remplacer la centrale obsolète de Dégrad des Cannes, à bout de souffle et extrêmement polluante.

L’Etat a dû déjà accorder une dérogation pour qu’elle poursuive son activité jusqu’en 2023. Le temps presse. Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique en visite en Guyane au début du mois l’avait répété : « Cette centrale, il faut la faire. »       

Elle avait fait appel de la décision du juge des référés, conjointement avec EDF, directement devant le Conseil d’Etat afin d’accélérer la procédure. Deux arguments des opposants au projet avaient été retenus par le juge.

D’une part, la future centrale, qui fonctionnera au fioul, ne remplirait pas les conditions permettant de respecter l’objectif de réduction des gaz à effet de serre fixés par l’Etat. D’autre part, le projet ne serait pas conforme aux règles posées par la loi de protection du littoral.        

Les motivations du Conseil d’Etat 

Les conseillers d’Etat n’ont répondu que sur le strict plan juridique. Ils ont jugé qu’il n’y avait pas lieu de « confronter directement » l’autorisation préfectorale, qui a un objet précis, et  l’objectif d’une réduction des gaz à effet de serre inscrit dans une politique globale de l’énergie.

De même, ils ont estimé que l’autorisation environnementale n’a pas pour objet d’autoriser la construction d’une installation et n’entre donc pas dans le champ de la loi littoral. 

Cette position ne va pas manquer de faire débat. Les associations de défense de l’environnement en ont pris acte, assurant en même temps que « c’est loin d’être la fin de la bataille juridique ».     

Une question d’urgence

De fait, la future centrale semble tourner le dos à ce qui se fait ailleurs en Guyane. Par exemple, à Saint-Laurent du Maroni, la centrale de l’Ouest guyanais doit associer les panneaux solaires et une pile à hydrogène. Ou encore à Saint-Georges de l’Oyapock, la nouvelle centrale fonctionne déjà avec la biomasse, en l’occurrence les déchets forestiers. Mais pour l’heure, c’est l’urgence qui commande.

Les centrales « vertes » ne peuvent avoir ni la taille ni la production suffisantes pour remplacer celle de Degrad des Cannes dans les deux qui viennent. Il faut bien, d’après ce que dit la ministre de la Transition écologique, assurer le relais entre les deux, pour éviter à l’agglomération de Cayenne de se retrouver sans électricité.

Crédit photos: DrAfter123 – GettyImages.

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