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GUYANE : LA « ZONE ORANGE » SE REBIFFE

Les maires de 6 communes de l’agglomération de Cayenne ont adressé une « motion » au préfet de Guyane, pour dénoncer les mesures qu’il a prises et réclamé leur levée sans délai… ni précaution.

Les signataires administrent respectivement Cayenne et les 5 communes qui l’entourent. Une seule, Roura, au sud-est, n’est pas inscrite dans la « zone orange », à la fois la région la plus peuplée, la plus dense et celle où le virus circule le plus. Dans cette zone, les restrictions demeurent plus contraignantes que dans le reste du territoire, classé en « zone verte ».

Pour les habitants de Roura, les demandes de cette motion ne signifient donc pas grand-chose. Mais sans doute leur maire l’a-t-il signée pour manifester sa solidarité avec ses collègues de l’agglomération de Cayenne. En revanche, le maire Kourou, dont la commune, à l’ouest de l’agglomération, est en « zone orange », n’a pas paraphé le document.

Celui-ci, rédigé dans le style administratif, adopte la forme d’un jugement. Simplement, à la suite d’une liste fournie de considérants, les maires déclarent, au lieu de « décider » ou d’ « arrêter » comme le font les magistrats. On comprend, à les lire, que leurs administrés supportent mal les restrictions, surtout s’ils n’en voient pas l’utilité. 

Mais ils ne peuvent guère compter sur leurs élus pour les comprendre. A l’exemple de la vaccination, que les figures politiques du territoire, comme l’ancienne ministre Christiane Taubira ou le président de la CTG (Communauté territoriale de Guyane) Gabriel Serville se refusent de conseiller.

Un des considérants évoque l’« incompréhension » et la « confusion » au sein de la population, parce que ces mesures n’auraient « pas fait l’objet d’une pleine concertation avec les acteurs locaux ». Mais les vraies raisons ne seraient-elles pas la désinformation, répandue par les opposants au vaccin et au pass sanitaire, et la frilosité des élus ?    

Les oublis des maires

Le meilleur argument des maires, pour appeler à la levée des mesures, c’est la baisse du taux d’incidence. Seule bémol, ils estiment qu’en-dessous de 100 nouveaux cas pour 100 000 habitants il n’y a plus de risques. Or, le seuil d’alerte établi par les épidémiologistes se situe en fait à 50 pour 100 000. Et pour l’heure, en Guyane, le taux d’incidence est stabilisé entre les deux, vers 80 pour 100 000.

Autre oubli dans leur déclaration, l’arrivée prévisible d’une 5ème vague, qui touche déjà l’Europe. A quoi s’ajoute le fait que la Guyane détient le record de France du plus faible taux de vaccination. Mais, on l’a compris, ce n’est pas le genre d’argument que les élus d’ici aiment avancer.  

Enfin, le timing de leur motion ne semble pas très heureux. Il y a un mois, le préfet de Guyane annonçait un prochain allègement des mesures sanitaires et des restrictions de circulation. Le 6 novembre, cet allègement prenait effet.

Et le 18 novembre, un nouveau et large assouplissement du dispositif de « freinage » de l’épidémie entrait en vigueur. Bref, ils donnent le sentiment de voler au secours de la victoire.

Crédit photos: Prostock Studio – AdobeStock.

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