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« J’AVAIS HONTE DE DIRE QUE J’ÉTAIS BATTUE » SOPHIE, VICTIME DE VIOLENCES CONJUGALES DEPUIS 9 ANS

Je m’appelle Sophie*, j’ai 35 ans, trois enfants, je suis victime de violences conjugales depuis 9 ans. Au début, c’était surtout des claques, des bousculades, des insultes mais depuis la naissance de mes enfants, il est passé aux coup de poings, coups de pied et menaces de mort. Il m’a frappé pendant des années. A […]

Je m’appelle Sophie*, j’ai 35 ans, trois enfants, je suis victime de violences conjugales depuis 9 ans. Au début, c’était surtout des claques, des bousculades, des insultes mais depuis la naissance de mes enfants, il est passé aux coup de poings, coups de pied et menaces de mort. Il m’a frappé pendant des années.

A la naissance de ma dernière, je me suis beaucoup documenté par la lecture de livres, j’écoutais des émissions de radio et j’ai décidé de partir.

J’avais envie de partir depuis des années mais j’avais honte de dire à ma famille que j’étais battue. Ils me voyaient comme une femme forte et ne se doutaient pas de l’enfer que je vivais. J’annulais les repas de famille dès que j’avais des marques visibles, j’ai passé ma vie à simuler une vie normale. Je viens d’une famille conservatrice et j’ai grandi avec cette idée que priver un père de ses enfants et les enfants d’un père était pire que tout alors je restais malgré toute cette violence.

Je me disais qu’il ne frappait pas les enfants donc que moi je devais me sacrifier. Je pensais aussi que s’il me frappait c’était ma faute parce que je ne faisais pas ce qu’il fallait, j’essayais chaque jour de m’améliorer pour éviter les coups, aujourd’hui j’ai compris que ce n’était qu’un prétexte pour me cogner.

C’était un soir pendant le premier confinement j’ai lu votre livre Elles toutes, leurs histoires.

Elles cherchaient l’amour pas la mort sur les féminicides j’en avais entendu parler sur une radio et ça m’a profondément choqué, autant de femmes mortes dans l’indifférence j’ai pleuré toute la nuit. J’ai réalisé que je ressemblais à ces femmes décrites dans le livre. J’ai attendu que mon mari sorte faire des courses et je me suis réfugiée chez ma famille avec mes enfants.J’y vis depuis le mois de mai, ils m’accompagnent et m’aident à m’en sortir.

Le problème est que nous ne sommes toujours pas passé devant le Juge des Affaires Familiales, il a le droit de prendre les enfants à son bon vouloir et il me menace régulièrement. Je me cache mais je n’ai pas le droit, le commissariat m’a appelé pour me dire qu’il a déposé plainte pour soustraction de l’autorité parentale, les avocats m’ont dit que cela va me retomber dessus. J’ai réussi à porter plainte contre lui pour violences, j’espère que ça me protégera.

Je dirai la peur, qui ne me quitte pas. J’ai peur qu’il obtienne la garde des enfants et m’en sépare, ça me tétanise. J’ai peur qu’il se venge en s’en prenant à nos enfants. J’ai peur de la justice aussi, les démarches judiciaires, les deux avocats à qui j’ai eu à faire ne me prennent pas au sérieux parce que je suis à l’aide juridictionnelle sans argent, c’est compliqué de se faire entendre.

C’est un tel monde ! Les avocats, le tribunal ça me fait peur. On parle de la violence domestique mais le pire je trouve c’est la violence financière. Je me sens totalement démunie. On part sans rien, et on est fragilisé sans ressources. J’ai peur aussi de l’Aide Sociale à l’enfance qu’elle me prenne mes enfants si elle juge que je ne suis pas à la hauteur financièrement car les placements sont courants en France.

J’espère m’en sortir. Je n’ai pas de formation, j’ai connu mon mari, jeune, et j’ai élevé mes enfants à la maison. Ce combat, je le mène pour eux pour qu’ils aient une vie agréable et sans violences.

*le prénom a été modifié

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