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« LA CRÉATIVITÉ EST LA CLÉ DE LA RÉUSSITE », AUDREY OUAZAN ET SON DESTRUCTURALISME LIBÉRATEUR

En France et dans le monde, ces dernières années ont été fortement marquées par des épisodes marquants. Après les attentats, cette étrange période de flottement caractérisée par des confinements et la pandémie mondiale du coronavirus. C’est en automne 2020 que paraît le livre d’Audrey Ouazan, qui porte le titre « Le destructuralisme libérateur, enfin un nouveau mouvement littéraire et artistique pour tous ! »

Ce livre a été publié aux Editions Baudelaire, dans une catégorie à part, inclassable. En réalité, ce texte divisé en plusieurs parties parfaitement structurées malgré son nom – se présente sous la forme d’une longue déclaration. Comme le manifeste traditionnel, celui-ci dévoile une pensée et à rejoindre le mouvement fondé par Audrey Ouazan.

Une démarche patriote

Selon cette juriste de formation, spécialisée en sciences humaines, les Français ne valorisent pas suffisamment l’importance de la créativité et de l’imagination. Le résultat est donc préoccupant. En suivant le constat et l’observation de l’auteure, le lecteur se voit invité à penser différemment et sous un angle totalement différent l’urgence que représente la production artistique. Selon ses termes, il est important de créer un art « plus puissant, plus profond », qui pourrait se matérialiser sous la forme d’un renouveau, qui s’exprimerait dans tous les domaines culturels. L’espérance d’Audrey Ouazan découle aussi d’une démarche patriote, puisqu’elle souhaite faire de la France un épicentre de la créativité.

L’approche multiple d’Audrey Ouazan sous-entend que ce mouvement littéraire et artistique traverse les classes sociales et tous les milieux, pour profondément toucher aux racines et aux branches de l’arbre que l’on appellerait « Art ». Pour cela, la personne (peut-être le lecteur ?) qui se reconnaîtrait dans les messages idéalistes et positifs de la fondatrice du mouvement pourra se laisser aller, sans la contrainte parfois étouffante de la technique. Puisqu’il s’agit d’un manifeste, celui-ci n’échappe pas aux accents polémiques et c’est bien normal. Après tout, Audrey Ouazan est bien juriste : elle sait bien comment argumenter en sa faveur et ainsi développer un plaidoyer en faveur de sa pensée.

D’ailleurs, elle n’hésite d’ailleurs pas à s’attaquer à des thématiques transcendantes et s’exprimer sur le concept du génie littéraire. Sa présentation s’achève par une citation brute qui appelle à débattre : « Le véritable écrivain est l’être qui poursuit le dessein d’une écriture authentique, que lui seul crée sans aucune inspiration étrangère qui ne serait pas sienne et qu’il déroberait à autrui. » Or, l’humain est le maître du mimétisme. Sans mimétisme social, pas de civilisation, sans civilisation, pas de création artistique. Cette citation extrêmement puissante clame purement et simplement qu’un auteur authentique ne peut pas prendre appui sur des créations artistiques existantes. Pourtant, l’Histoire de l’humanité et même des arts sous-entend que chaque mouvement littéraire découle d’un autre, ou se développe en réaction à un élément existant…

Cette attitude résolument antisystème dénonce l’absence de créativité et les méfaits du plagiat, qui ralentissent la production artistique. En ce sens, on peut également penser à l’émission de vulgarisation de cinéma, présentée par Karim Debbache, acteur, scénariste et réalisateur français. Expert en cinéma, ce jeune passionné a animé et écrit sa propre émission Chroma. Il est possible de résumer la première saison en une mise en scène intelligente, où Karim Debbache traite la « disparition » des films iconiques et cultes qui, à force d’être imités ou copiés perdent en qualité. Sous couvert d’humour, le propos est en réalité très sérieux. En réalité, tous les films deviennent « liés et interdépendants, qu’ils soient bons ou mauvais. »  Tout comme le cinéma, la littérature est un art collectif. Est-il donc possible de créer quelque chose d’entièrement nouveau ? 

La littérature comme art collectif

A travers l’exercice d’écriture spontanée ou l’écriture automatique, Audrey Ouazan s’inscrit dans une démarche qui, pourtant relève du surréalisme, qui a aussi été popularisé par André Breton. L’écriture devient alors automatique. Cependant, le mouvement de l’auteure se démarque par une volonté de contrôle, contrairement au surréalisme traditionnel. Un contrôle que l’on s’impose à soi, mais qui ne relève pas d’un mode d’emploi technique, qui enferme le créateur dans un moule et l’empêche de s’exprimer avec toute la potentielle richesse…

Ce manifeste qui clame l’innovation et la brisure des codes s’inscrit dans la volonté des jeunes générations à se différencier des autres… Plutôt que de sombrer dans le pessimisme caricatural, très présenté pour une bonne partie de la population française et parfaitement mis en lumière par Orelsan dans l’odeur de l’essence« En manque de repères et je perds dans la nostalgie d’une époque, où d’autres étaient déjà nostalgiques d’une époque où d’autres étaient déjà nostalgiques (…) » Audrey Ouazan est une idéaliste qui propose un concept intéressant, présenté sous différents aspects.

Crédit photos: Média Livres.

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