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MARNE : FESTIVAL DES BOBINES ET DES SONS, UNE PREMIÈRE ÉDITION À TRIGNY

Les 27 et 28 mai derniers, s'est tenue la première édition du festival des Bobines et des sons, un nouveau rendez-vous culturel, pointant le bout de son nez et qui mêle, pour la première fois dans le territoire marnais, musique et cinéma d'animation. Retour sur l'aventure d'une jeune équipe portée le temps d'un weekend par tout un village pour concrétiser deux jours de concerts, de projections dans une ambiance festive.

La genèse du festival

En novembre 2019, une jeune équipe constituée de frères et soeurs et d’amis se regroupe autour d’une idée originale : celle d’implanter un festival regroupant les deux passions de ses membres fondateurs , le cinéma d’animation (des bobines) et la musique (des sons), dans le village de Trigny (Marne).

L’équipe compte à son bord 5 membres : Valentin de Francqueville (violoncelliste professionnel), Marine de Francqueville (réalisatrice de films d’animation), Laura Lazayres (pianiste professionnelle), Justine de Francqueville ( commerciale) et Adrien Jegoux (communicant). Forts de nos expériences respectives, ils décident d’investir un créneau jamais employé culturellement sur le territoire avec la conviction que ce rendez-vous peut apporter une plus-value au village de Trigny et à ses alentours. L’expérience se veut dors et déjà culturelle, sociale mais surtout gratuite. L’idée est immédiatement adoptée par les habitants du village et la mairie, dès lors la machine est lancée !

Ils réfléchissent alors à une programmation de grande qualité, à la logistique, aux implantations scéniques et partent à la recherche de financements. Les échanges avec les futurs partenaires logistiques, humains et financiers leur permettent d’affiner le projet et de le rendre de plus en plus solide et sérieux.

Quelques rebondissements

S’ils étaient prêts à offrir une première forme à ce festival pour avril 2020, c’était sans compter sur les deux recours sanitaires, auxquels tous les acteurs culturels ont dû faire face. Tandis que le premier report en 2020 leur fait prendre conscience de l’importance de l’impact de la vague sanitaire sur l’ensemble du secteur culturel, le second remet en cause plus précisément l’existence même du projet. La pertinence d’une création événementielle de cette envergure est au menu à chaque réunion d’équipe en visio conférence.

Ténacité et conviction

« Certains de notre volonté, nous voyons dès lors l’opportunité pour nous de consolider l’organisation d’une première édition et d’anticiper les différents scénarios possibles ». Les artistes programmés maintiennent leur engagement auprès du festival ce qui conforte l’équipe et leur fait réaliser l’importance de continuer la dynamique, à la fois pour ces derniers, mais aussi pour le public.

En octobre 2021, le rythme s’accélère. Ils arrivent petit à petit à convaincre de nouvelles d’entreprises partenaires et les pouvoirs publics, notamment le service culturel du département de la marne. La mairie de Trigny est l’un des éléments clés de tous les instants pour soutenir ce projet. Ses représentants, Monsieur le Maire Francis Blin et son adjoint Monsieur Grégory Divoux, continuent d’accompagner activement le festival durant cette période d’arrêt. 

Le « Off« 

Des Bobines et des sons, c’est aussi la naissance d’un format « Off » pour faire exister la marque du festival auprès de publics éloignés et parfois oubliés lors de cette crise sanitaire. En 2021, puis en 2022, grâce au soutien de nos partenaires privés, plusieurs concerts (par le quatuor de violoncelles Celliband) sont organisés au sein du centre de rééducation motrice Val de Murigny, à la maison de repos MARPA les Sources à Pargny-les-Reims et au centre Antonin Artaud à Reims. Egalement, un stage d’initiation au stop-motion destiné aux jeunes intitulé « les Embobiné.es ».

Voici le teaser du festival qu’ils ont pu réaliser lors de ces 5 jours : 

Après des mois de planification, le ciel s’éclaircit pour la vie du festival. La vague sanitaire désemplit, le public est demandeur et les artistes, plus que jamais prêts à jouer pour ce dernier. La gestion des lieux de culture se précise. Avec l’aide de nos partenaires, nous avons gonflé la voilure pour offrir à notre public une expérience festivalière complète : 2 tentes couvertes en cas de pluie, tonnelles et barnums pour protéger le public, prévision d’un espace de parking en amont du village, foodtrucks sur place, etc. 

L’ébullition de tout un village

Raconter l’histoire de ce festival ne se ferait pas sans parler de l’incroyable investissement des habitants de Trigny et de ses environs. Dès les premières mentions d’un festival à Trigny, nous avons senti l’engouement autour de ce projet fou. Mais c’est en enchaînant les réunions publiques à la mairie de Trigny (un mois avant la première édition) que nous avons pris conscience de la confiance placée en nous par des dizaines de bénévoles locaux qui organisent le bouche-à-oreille. La réalité de ce festival porte aussi sur la dynamique sociale spectaculaire d’un territoire rural, où des habitants arrivent à mutualiser leurs savoir-faire pour donner naissance à un tel moment, pour leur village.

Conception de panneaux de signalétiques et d’éléments de décoration, cathering des artistes et de l’offre gastronomique pour le public, retrait du matériel scénique, participation au montage et démontage, réflexions logistiques… tout y passe. En tant que jeunes organisateurs, nous sommes à ce jour très émus de voir un groupe s’agrandir de la sorte et d’opérer ce tour de force collectif. À la veille du festival, pour la soirée des partenaires du 26 mai, nous comptions 70 bénévoles dans nos rangs ; c’est déjà une réussite en soi pour nous. 

Le temps du festival 

Les 27 & 28 mai derniers, lors du weekend de l’Ascension, la première édition du festival voit enfin le jour. L’équipe compte alors de nombreuses forces vives et tout le village se mobilise pour l’évènement : les tentes sont opacifiées en deux jours pour permettre le confort visuel du public sur les scènes d’animé, le bar à champagne, stands gastronomiques et les foodtrucks s’installent, Trigny se transforme rapidement en terre d’accueil d’un festival et décore ses rues pour accueillir les festivaliers.

Avec 7 concerts et 31 films projetés au sein de 4 scènes couvertes, le festival enregistre quelques 1 500 festivaliers en deux jours. Durant ce weekend, l’animation dont les séances sont toutes dédoublées, a la part belle auprès des plus jeunes, mais réussit également à attirer les parents tout aussi mis à contribution sur des sujets plus « réflexifs » (le deuil, la transmission, la sexualité, le viol, etc…). 

Entre deux blidas de champagne et un encas sur la place du village, les familles vont de scène en scène et découvrent une programmation intense et en miroir : un mouvement d’un quatuor de Bartok du quatuor Hanson suivie du long-métrage « Ma vie de courgette » (C. Barras), la reprise par Celliband du thème de Tintin puis un court-métrage sur les violences policières (« Black Tape« ), ou encore l’échange avec une échassière en déambulation piétonne et un assortiment d’huîtres , proposé par le Triporteur… C’est aussi l’occasion pour le public de partir à la rencontre d’un répertoire large qui invite au voyage : chansons à texte sensibles du groupe Dimanche Soir, les sons et images expérimentales de Crop in my blue vein, les harmonies moyen-orientales des Balkans et de ses contrées lointaines du Clownest orchestra

Le festival montre ainsi sa vraie différence dans la proposition de nouveaux codes dans l’offre régionale : apporter un rayonnement au territoire rural et à ses habitants, sur le village de Trigny, à travers une rendez-vous culturel qui condense professionnalisme, proximité locale, bienveillance et célébration de deux mediums artistiques. Longue vie au festival car… une deuxième édition est déjà prévue !

Adrien Jegoux, chargé de communication pour le Festival des Bobines et des Sons.

Crédit photos: ©Agathe Roesch/ Florian Parisot.

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