Acte II : Je crois que je bosse dans une boîte sexiste

Deux ans, une rupture et quelques incidents sexistes plus tard, à force de travail acharné, je suis choisie avec un de mes collègues pour aller passer trois mois sur le continent nord-américain. L’objectif, aider le bureau canadien qui est sous-staffé et lancer notre première mission aux US.

Notre direction nous informe que durant cette mission, nous partagerons le même appartement durant les trois mois. Avec mon collègue, nous sollicitons donc un rendez-vous avec la DRH, nouvellement arrivée, et un des associés, le DG. Nous indiquons que nous ne souhaitons pas vivre ensemble. Ce à quoi notre boss nous répond, « C’est quoi votre problème, vous avez peur de coucher ensemble ? ». Il nous fait comprendre que pour des raisons économiques nous n’aurons pas vraiment le choix et que ça va aider à la cohésion de l’équipe. Esprit Start’up.

Me voilà donc quelques semaines plus tard en colocation avec un collègue. Pour l’intimité, on repassera. Après quelques semaines de mission, je reçois un mail du DG. « Comment va ma beurette préférée ?». Quelques semaines plus tard, il vient nous rendre visite au Canada. Nous sommes réquisitionné.es pour occuper ses soirées pendant son séjour. Pendant un des dîners en sa compagnie, j’ai le droit à un interrogatoire, devant mes collègues, sur ma situation matrimoniale. Séparée depuis un an d’un de mes collègues, mon boss s’amuse à mentionner son nom à plusieurs reprises pendant le dîner et me pose un milliard de questions sur lui. Ne réagissant pas, il tente de vérifier les dernières rumeurs de « radio-moquette ». Il change de cible. Il me pose des questions sur mon N+2. Comment va-t-il ? La rumeur disant que nous nous sommes rapproché.es avant mon départ.

D’ailleurs, il paraîtrait que c’est grâce à lui que j’ai été positionnée sur le bureau nord-américain (et non grâce à mon travail acharné !). Une fois encore, j’esquive le sujet en indiquant ne pas avoir pas de nouvelles du bureau parisien. Bond de quatre ans dans le temps. Nouveau séminaire. Pour celui-ci, la boîte nous a bien préparé.es. Une esthéticienne est même passée au bureau quelques jours avant le départ pour pimper celles qui le souhaitaient.

Nous sommes en Corse. Mes derniers jours de consultante avant de rejoindre l’équipe RH. Team building. Un jeu de piste avec des énigmes et des épreuves nous permet de découvrir Calvi. Dans mon groupe, j’ai plusieurs managers et un des directeurs techniques. Nous discutons et rigolons, lorsque sans crier gare un des managers me dit « Toi, des bites t’as dû en voir aux kilomètres !». Mon cerveau déconnecte une seconde. Ai-je bien entendu ce que j’ai entendu ? Si c’était le cas, une des dix personnes qui m’entouraient aurait dû réagir. J’ai dû rêver. Mais non, tout le monde se marrait autour de moi. Je reporte l’incident à la DRH qui m’indique que nous ferons un point lors de notre retour à Paris. Je ne vais pas vous laisser du faux suspens. Il n’aura pas de sanction. Pas même un avertissement. Pendant ce même séminaire, on m’avait informé d’autres incidents qui ne seront soit pas officiellement reportés au service RH, soit non sanctionnés.


A suivre…

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