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LINDA DE SUZA AVAIT TROUVÉ REFUGE PENDANT PRÈS DE 30 ANS À SAINT-AUBIN-EN-BRAY

La chanteuse, venue du Portugal avec sa « valise en carton », vient de nous quitter à 74 ans. Après l’immense succès connu dans les années 80, elle avait déniché à Saint-Aubin-en-Bray, à l’ouest de Beauvais, sa maison, où trouver la paix en dépit de la célébrité, ses tourments et ses déboires. Elle y a vécu jusqu’en 2017, nouant avec les villageois des relations simples et chaleureuses.

Teolinda Joaquina de Sousa Lança est née en 1948 à Beringel, au sud du Portugal, dans une famille de 8 enfants. Dans une société ultra-conservatrice, alors sous la férule du dictateur Salazar, parents et proches prennent très mal qu’elle tombe enceinte à 19 ans. L’année suivante, elle prend son fils, quelques pauvres affaires et entre clandestinement en France. 

Immigrée sans papiers, elle survit en enchaînant les petits boulots, souvent comme femme de chambre. En 1973, elle vient à Paris et commence à chanter en public dans une guinguette des puces de Saint-Ouen, « Chez Louisette ». Des producteurs finissent par s’intéresser à elle, à sa voix magnifique et à sa personnalité chaleureuse. Elle devient Linda de Suza et rencontre un premier succès en 1978 avec « Le Portugais ». 

On connait la suite : le triomphe à l’Olympia en 1983 ; la sortie l’année suivante de son autobiographie « La valise en carton », vendue à 2 millions d’exemplaires ; les invitations dans l’émission de Michel Drucker ; la diffusion d’une série inspirée d’elle, avec Souad Amidou et Irène Papas… Mais, peu préparée à sa nouvelle situation et manipulée par des gens sans compétences ni scrupules, elle voit sa popularité s’étioler et son argent fondre.       

La quiétude de Saint-Aubin-en-Bray

Dans les années 90, elle emménage à Saint-Aubin-en-Bray, dans une grande maison anonyme, et s’y trouve assez bien pour y demeurer une petite trentaine d’années. L’ancien maire se souvient d’une femme « sympathique et de caractère », quelqu’un de « discret » avec qui « il n’a pas eu de problèmes ». Au contraire, elle avait donné un récital pour les habitants dans une salle du coin. 

L’ancien directeur de l’école évoque « une habitante de Saint-Aubin comme les autres », qui était « très abordable » et qui « habitait au coin de notre rue. » Il raconte qu’elle « avait l’habitude de passer devant et de faire coucou aux enfants ». Un jour, il était en train de faire répéter « Tiroli tirola » à ses élèves, quand elle passe. Il l’interpelle, mais elle répond qu’elle est pressée. Il lui précise qu’il est en train d’apprendre un de ses chansons aux enfants… « Elle est entré, poursuit-il, et les a fait chanter, elle a animé le cours pour les gamins. Elle était sympa Linda ! ».

Il y a quelques années, elle avait déménagé pas très loin, dans un village à côté de Gisors (Eure). C’est dans cette ville qu’elle a été hospitalisée, peu de temps avant sa mort, positive au Covid et souffrant d’une infection respiratoire.    

Crédit photos: Kvindax1809-cc-by-sa-4.0

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