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MAGASIN LIBRE : ALEXANDRE, UN MAGASINIER MÉLOMANE

Nouvelle semaine, nouvelle interview chez Magasin Libre ! Nous continuons notre série de portraits de magasiniers, au détour d'une après-midi aussi paisible que caniculaire, avec Alexandre Rossignol ! Plus connu sous le nom de « Lebird » depuis 2014, ce Havrais de naissance mais rémois dans l’âme est un DJ & producteur passionné de musique électronique depuis son enfance. Ensemble, nous avons retracé son parcours. Au programme : The Prodigy, La Forge et l’énergie autour de Magasin Libre !

Tout d’abord, d’où te vient ce surnom « Lebird » ?

Mon idée était de marquer les esprits au niveau international mais aussi national, je reste avant tout Français et c‘est ce qui me définit également. C’est important de faire appel à mon nom de famille qui est « Rossignol » et rendre hommage à ma famille d’une certaine manière.

Depuis 2016, tu fais partie de la « La Forge » ? Explique-nous ce qu’est la Forge ? 

La Forge est un collectif de DJ et de producteurs sur Reims. On est une bonne quinzaine dans ce collectif dont 7 DJ et plusieurs producteurs qui sortent des EP.

Nous étions là avant tout pour créer des événements et c’est toujours le cas aujourd’hui, que ce soit à Quartier Libre, à Magasin Libre, à la Cartonnerie et aussi à la Magnifique Society qui, un jour, nous a laissé la scène toute une après-midi pour jouer en première partie de Yuksek. Ça nous a vraiment fait plaisir de pouvoir nous exprimer et d’être reconnu par la Magnifique Society.

Comment le mariage s’est fait avec ce collectif ?

A l’origine, je faisais partie d’un collectif national qui s’appellait « La Chinerie » mais qui n’existe plus maintenant. Nous étions des groupes de partage sur FB : Chineur de House, de Rap et de Techno. J’ai fait ma réputation nationale grâce à ce groupe de partage en tant que Chineur de Techno.

On a fait des évents sur Lyon, sur Toulouse, sur Paris donc dans un registre plus national. Un jour, « La Forge » m’a invité en tant que guest DJ, on a sympathisé et ils m’ont invité à faire partie du collectif, j’ai accepté. Je me suis donc plus recentré vers une scène locale par la suite en performant sur Reims avec « La Forge ».

Tu es également producteur de musique électronique. Qu’est-ce qui te fait vibrer dans ce métier ?

Le partage. Le désir de vouloir toujours partager l’énergie qu’on met dans ses créations en set ou en live et c’est également ce qui me fait vibrer aussi, l’énergie que tu mets, en tant que producteur au moins, l’énergie instantanée que tu as mis dans une production musicale et la transmettre à des personnes qui sont sensibles (ou pas) à la musique électro. Au moins, transmettre une émotion. Ce que tu ressens, le transmettre. Que ce soit l’envie de danser ou autre chose. C’est très addictif !

Que représente la musique électro pour toi ?

Cela vient de mon enfance. Mes parents avaient la chaîne MCM et je suis tombé, un jour, sur le groupe The Prodigy. La claque ! J’ai enregistré tous les clips sur cassette ! J’étais devenu fan d’électro.
Daft Punk et Fat Boy Slim ont fait partie de mes exemples ! Mais The Prodigy et ses petites images Panini que je collectais quand j’étais enfant, restera mon numéro 1, éternellement.

Sinon, j’écoute toujours d’autres genres de musique. Rock, Métal, Hip-Hop en priorité. Mais la musique électronique a été le fil conducteur de ma vie. Un peu plus tard, je me suis intéressé aux machines et à leur fonctionnement. J’ai aussi appris à mixer sur Vinyl. C’est important de pouvoir mixer pour être booké.

Le Bird en plein Mix à Châlons-en-Champagne @Romain Berthiot.

As-tu des mentors ou des inspirations quand il s’agit de musique électronique ?

J’aime bien l’esprit de la scène roumaine. Ils proposent la musique électronique de manière différente. Ce n’est pas une énergie où il faut que ça tape et que les gens deviennent fous, là on est sur un côté un peu plus contenu, moins intense, moins extraverti, plus introspectif. 

Personnellement, j’avais rencontré un mec qui s’appelle Mark Broom. Il fait de la musique électro depuis 30 ans. J’ai eu la chance d’être booké avec lui. J’avais bien aimé qu’il vive à la campagne malgré le fait qu’il bouge le WE à Berlin ou à Paris pour jouer, il reste très terre à terre, avec un bon esprit et ne se sacrifie pas pour les tendances. 

Alexandre, quel est ta vision pour tes futurs projets ?

Je dois mettre encore de l’ordre dans tout ça mais le constat est simple, avec le Covid, les gens veulent se rassembler mais pas nécessairement ne faire que la fête. Je souhaiterai sortir du cadre du spectacle et proposer quelque chose de différent où la musique serait le fil conducteur d’un évènement ou d’un projet qui permettrait de se reconnecter à la réalité. A soi, à la nature ou autres mais c’est encore un projet embryon, j’y réfléchis toujours. 

Des concerts sont-ils prévus prochainement ? A ML ou ailleurs ? Avec la Forge ou en solo ?

Le 3 Septembre prochain, ici à Magasin Libre, avec Nathan Zahef qui est également un DJ du collectif « la Forge. » Et d’autres soirées à Quartier Libre jusqu’à la fin de l’année mais nous n’avons pas encore les dates.

Et personnellement, j’ai un EP avec 4 ou 5 titres qui est en phase de finition et sortira cet hiver. Je rajoute aussi qu’on bosse avec une structure qui s’appelle « Underscope » au niveau national, cette structure accompagne les petits labels de musique électronique français, ils nous permettent d’être reconnus via les plateformes électroniques populaires : Deezer, YT Music, Spotify, iTunes.

Nous sommes à Magasin Libre. La question naturelle pour nous est : Que signifie « être libre » pour toi ? Qu’est-ce que cela t’évoque ?

Je vais devenir philosophique là, attention (rires…). Tout d’abord, c’est fondamental. La liberté permet d’avoir des pensées complexes. Pour l’exemple, un peuple qui n’est pas libre sera forcé de croire à une idéologie. Ça ne permet pas le choc des points de vue, de confronter des visions opposées comme ce dont on parlait il y a quelques minutes, confronter les différents mouvements.

La liberté permet la confrontation où naissent les idées nouvelles. Si un peuple n’est pas libre, si on ne permet pas aux artistes ou n’importe quel pan de la société de s’exprimer, je pense qu’il n’y a pas d’idées complexes qui peuvent éclore et vu à quel point la société évolue rapidement, je pense que c’est important.

Qui aurait pu penser qu’en une quinzaine d’années, le changement des rapports humains via Internet seraient aussi massif ? Les portables, les réseaux sociaux, le progrès, c est fou. Alors imaginons une seconde comme cela peut encore évoluer d’ici encore 20/30 ans, on ne sait pas. Et ce qui va nous permettre de nous adapter, c’est d’avoir des pensées complexes. C’est ça la liberté.

L’ambiance « Magasin Libre » qu’est-ce que ça signifie pour toi ?

Ce qui est intéressant et ce qu’ils ont réussi à faire, selon moi, c’est de rassembler les générations. Des personnes qui ne sont pas sensibles à la musique électro peuvent prendre leur verre et faire d’autres activités très cools.

Et à « Magasin Libre », l’ambiance est telle que tu peux rencontrer plusieurs catégories de personnes qui habitent à Reims, mais pas que, autour d’un verre, d’une ambiance conviviale ou faire une interview comme on le fait maintenant ! C’est un lieu de réflexion, d’expression artistique que ce soit musicale ou visuelle, c’est un environnement qui invite à avoir des idées et à faire plus, avoir des projets. 

Comment as-tu connu Magasin Libre ?

J’ai, d’abord, connu « Quartier Libre » quand c’était encore Rue de Saint Brice en 2017. Ça m’a rappelé des lieux désaffectés comme il peut y en avoir à Berlin ou à Lisbonne. On faisait des improvisations musicales au dernier étage avec des boîtes à rythme et des synthés. Puis, le deuxième, Quartier Libre, à Rue Vernouillet et donc la forme finale telle qu’on la connaît sous le nom de « Magasin Libre » ici qui s’est transformée en lieux d’évènements. Un travail monumental et une grande réussite pour ma part.

Reims est en pleine mutation, qu’est-ce que tu aimerais pour que le quartier soit encore plus dynamique ?

J’aimerais que l’esprit « Magasin Libre » s’étende. Très jeune mais tout de même intergénérationnel, beaucoup plus d’expressions musicales et visuelles, quelque chose qui sorte du reste de Reims. On a encore ce côté « Champagne », un peu coincé et j’aimerais que ça se désenclave un petit peu. J’aimerais bien aussi qu’il y ait un peu plus de nature, que « Magasin Libre » soit un bel alliage des deux ! Un peu moins de béton et plus d’espaces verts. 

Quel cocktail voudrais-tu créer ici à ML ?

Tout d’abord, j’aime bien une base de gingembre ! Ça donne un peu de piquant ! Je rajouterais du citron vert, du Schweppes ou peut-être de la Ginger Beer. Très sucré, très acidulé, très frais et avec le temps actuel, on en a besoin ! Et pas trop d’alcool, quand il y a trop d’alcool, la fête est folle mais pas toujours de la bonne manière. On vise plutôt la modération. 

Vous pouvez retrouver Le Bird sur les plateformes : 
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SoundCloud : LeBirdMusic

Crédit photos: Romain Berthiot.

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