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OISE : À NOYON, L’EXTINCTION DE L’ÉCLAIRAGE NOCTURE DIVISE LA POPULATION

Depuis début août, les lampadaires sont éteints la nuit, entre minuit demi et 4h30 du matin. La municipalité avance des raisons d’économies, mais les habitants sont loin d’être d’accord, essentiellement pour des raisons de sécurité.

La systématisation de l’éclairage public dans les villes remonte au XVIIe siècle à Paris et dans les principales villes du pays. Il s’agissait à l’époque de lanternes avec des chandelles. Puis les réverbères équipés de lampe à huile leur succèdent au XVIIIe. Progrès décisifs au début du XIXe avec l’apparition du gaz d’éclairage, puis au XXe avec l’usage de l’électricité qui se répand à partir des années 30.  

Il a fallu la guerre pour replonger les villes dans la nuit du « black-out » afin de ne pas s’offrir pour cibles aux bombardiers. Là, c’est la guerre aux dépenses inutiles qui a poussé la ville de Noyon à décréter ce black-out partiel, limité à 4 heures au cœur de la nuit.

Elle répond ainsi, comme d’autres communes du département, à la demande des pouvoirs publics aux collectivités territoriales de trouver des sources d’économies budgétaires. 

Soit dans l’urne installée pour recueillir leur avis dans le hall de la mairie, soit par le site de la ville, les réactions des habitants n’ont pas tardé. Si certains se félicitent de cette réduction des dépenses communales, le plus grand nombre se plaint de cette mesure, surtout pour des raisons de sécurité.

L’opposition s’est empressée de leur faire écho. Le député RN de la circonscription incite même « Mme la maire à se promener seule dans la ville la nuit ».       

Des craintes partagées

« Les délinquants vont opérer tranquillement », redoute une noyonnaise. En tout cas, la crainte est le sentiment dominant. Les bars ouverts la nuit se disent impactés. « J’ai des clients qui ne veulent plus venir si ce n’est pas allumé (dans la rue) », a confié à Oise Actu le gérant de L’Imprévu. Il espère obtenir une exception pour le grand parking place Saint-Jacques.

Il explique que sa camionnette jaune, qu’il y laissait tranquillement depuis des années, a subrepticement disparu la 3ème nuit après l’extinction des lampadaires. Cependant, d’après les responsables de la sécurité, le nombre de vols n’a pas augmenté. Mais il est trop tôt pour dire quel effet peut vraiment avoir la mesure sur l’évolution de la délinquance de voie publique.   

Des solutions alternatives 

Certains regrettent aussi que la municipalité n’ait pas exploré d’autres solutions. Certaines villes ont ainsi mis en place un « éclairage public intelligent ». Des cellules décèlent l’activité dans l’obscurité et commandent l’allumage automatique dès que celle-ci atteint un certain niveau. Dans les quartiers où il a été testé, ce système génère des économies annuelles assez importantes. 

Il est encore possible de rendre les lampadaires autonomes en les équipant d’un panneau solaire et d’une batterie. Celle-ci se charge dans la journée et alimente l’éclairage de nuit, sans coût de fonctionnement, hormis un entretien éventuel. Ce serait sans doute un moyen de mettre tout le monde d’accord.    

Crédit photos : Kckate16 – Getty Images.

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