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REIMS : « MAGASIN LIBRE », LE NOUVEAU PROJET DU COLLECTIF « LE BLOC »

« Le Bloc » porte sur ses épaules « Quartier libre » et tout nouvellement « Magasin Libre », projet totem dédié à la créativité et à l’innovation. Une série d’expérimentations que nous conte Arnaud Bassery, son créateur.

Tu es à la tête de « Quartier Libre », depuis quelques années déjà, peux-tu nous expliquer le concept, ton travail ? 

Arnaud Bassery: Mon métier, c’est de faire en sorte que des choses puissent arriver, être là pour que des collectifs proposent des programmations, que des artistes viennent s’emparer d’un espace, que des entrepreneurs viennent confronter une offre à un public, que des personnes convergent vers des lieux où elles ne seraient pas aller naturellement, que des jeunes et des moins jeunes se retrouvent à une même table, et partagent un moment, un souvenir, autour d’un dénominateur commun.

Je n’aime pas définir les choses mais j’aime comprendre d’où elles viennent. On innove quand on est face à une difficulté, on n’innove pas dans la perfection. Innover, pour moi, c’est véritablement trouver des solutions, associer des choses différentes qui n’avaient pas vocation à se rejoindre. Le projet devient différent, extra-ordinaire et c’est là toute l’histoire de « Quartier Libre« .

Notre souhait est de faire que nos espaces soient des espaces facilitants et faire émerger ce type de vision, qui ne doit pas être trop sectorisée. Bien souvent, on confronte une vision technologique, à une vision sociale, culturelle managériale, de transition, de durabilité, ce que j’aime c’est que tout ça puisse aller ensemble, sans être cloisonné.

« Magasin libre », qu’est-ce que c’est ? Comment est venue cette idée ?

Arnaud Bassery: « Magasin libre« , c’est un projet qui parle d’urbanisme, d’immobilier.

Concrètement, «Magasin Libre» est une destination estivale, c’est un lieu de 5700M2 qui va vivre pendant trois mois et demi et permettre à ses visiteurs de manger, boire, découvrir du champagne, être dans une forme d’oisiveté. C’est un lieu à vocation d’accompagnement, à la prise de conscience, un lieu de médiation. C’est une préfiguration d’un futur quartier dans lequel il y a aurait NEOMA BS, l’ESAD, et « Quartier Libre » notamment.

« Magasin Libre », c’est un sorte d’équilibre instable entre le besoin qu’on a tous de se reconnecter aux autres dans une logique de festivité et de liberté retrouvée et, à la fois, cette envie de faire participer tous ces gens qui seront utilisateurs de solutions, clients de services, usagers et les impliquer. 

On est dans un monde où il y a très peu de nuances. C’est blanc ou c’est noir, pour ou contre. Nous avons des outils aujourd’hui qui nous aident à nous ouvrir au monde et à ce savoir immense qui se trouve à notre portée mais à la fois notre capacité à s’abreuver de convictions pré-cuites et pré-machées est bien réelle. La non-nuance fait peur. C’est dans les nuances que l’intérêt apparaît, comme c’est le cas pour « Magasin Libre« . 

Bien souvent les projets immobiliers partent de cette logique : tout casser pour tout reconstruire. L’idée était d’apposer ici quelque chose entre « casser » et « construire ». Avant, après, pendant, nous souhaitions un support qui nous permette de préparer et d’expérimenter des choses, une certaine forme de respiration entre ce que le site a été, est, et va devenir. Les différentes phases n’étaient pas figées, c’est un projet qui doit constamment évoluer, « Magasin Libre » permet d’enclencher une nouvelle phase d’exploitation à ce lieu symbolique.

La volonté de ne pas figer le projet induit une évolution naturelle intéressante, vers d’autres formes, d’autres attaches. On était persuadé de choses qui ne se sont pas forcément révélées utiles et d’autres aspects que nous avions minimisés qui aujourd’hui représentent un vrai axe de développement et d’amélioration.

Le Port Colbert: Pourquoi avoir choisi cet emplacement ? Une symbolique particulière ? 

Arnaud Bassery: La symbolique est essentielle au port Colbert pour les Magasins Généraux. J’ai un regard sur la ville qui est assez chauvin, j’aime ma ville et je la trouve exceptionnelle, c’est pour cela que j’aime la faire vivre. Malheureusement, on part constamment de Reims au passé avec tout ce que cela induit: la cathédrale, le patrimoine art déco, le champagne, les sacres, etc. C’est un patrimoine historique fabuleux mais il n’y a pas que ça.

Cet emplacement va nous permettre de développer une sorte de triptyque en écho à ce que ce bâtiment a été, est et pourra devenir. Il a été acteur du passé et devient de part ce projet un témoin du présent. Ces 3 temps sont super intéressants. Ce bâtiment totem est empreint d’un passé et d’un futur radieux à aller chercher.

La volonté de la ville a été d’axer son développement sur le centre-ville, au tour maintenant de la périphérie avec les Magasins Généraux.  

On parle de près de 6000m2 destiné au public, comment cela va s’articuler concrètement ? 

Arnaud Bassery: Ces 5700m2 vont s’articuler autour de plusieurs acteurs. Je me force à rencontrer constamment plein de gens, des artisans, des artistes, des entrepreneurs, je connecte les gens entre eux comme par exemple avec les ateliers de Dion’iso, qui seront présents sur le site et qui recycleront les bouteilles de champagne pour en faire des verres et des vases. Cela nous évitera d’avoir trop de déchets à traiter et les consommateurs prolongeront cette manière leur expérience sur place. L’équipe de Frelon, accompagnera le staff avec des vêtements à l’effigie de la marque. 

Grappers sera aussi de la partie, et s’occupera de la programmation du bar à Champagne, ils souhaitent devenir un référentiel dans le champagne et ont souhaité nous accompagner. Le but de la manœuvre, c’est avant tout de faire découvrir et vivre une expérience, comme par exemple avec la carte du bar à champagne, qui couvrira l’ensemble de l’AOC et permettra de choisir entre des producteurs récoltants, du négoce ou de la coopération pour montrer la diversité en Champagne.

C’est un produit incroyable, trop souvent sous-estimé. On confronte les différents mode de production tout en sachant que l’équilibre de la sphère champagne tient à sa diversité et chaque département offre une spécificité gustative incroyable par ses composantes.

Je milite pour populariser également la consommation du champagne. Autour de valeurs comme le partage et la convivialité, des valeurs simples sans limite. On peut boire du champagne dans un blida devant un tag sous la pluie. Je veux bousculer les dogmes pour les voir évoluer. 

Nous allons également lancer des bacs potager et des ateliers autour de la végétation urbaine. Il y a le côté festif, la libération, la médiation, via la participation du public. Ce projet est challengeant, les choses lisses ne sont pas très intéressantes. Je veux aller là où on ne nous attend pas, loin de la banalité et c’est ce même leitmotiv qui anime toute l ‘équipe du Bloc. On reste dans une sorte de mouvance ambitieuse très excitante. 

Je travaille sur ce projet depuis septembre et cela m’a beaucoup aidé psychologiquement à avancer dans cette période de Covid. C’est important d’incarner les choses et de transmettre cette envie.

15 artistes venus de tous horizons comme Iemza, Arnaud Liard, Caroline Derveaux, ou bien encore Quentin DMR, ou Christine Sejean seront présents pour illustrer les murs des Magasins Généraux. Leurs fresques seront à retrouver tout au long de l’été.

Le programme « PARCOURS » en 2 mots, qu’est-ce que c’est ?

Arnaud Bassery: Le programme « Parcours, l’école de la deuxième chance » est un projet qui a été pensé et mis en place pour accompagner « Magasin Libre ». Les premiers à travailler sur le projet « Magasin Libre » seront des jeunes en difficulté, afin qu’ils puissent laisser leur empreinte, afin qu’ils se sentent investis d’une mission. Un reportage audio-visuel sera également réalisé par Vincent VDH pour illustrer leur évolution.

Les 40 jeunes aux profils multiples, passent par des ateliers Boot Camp de dépassement de soi et de goût de l’effort afin de favoriser l’esprit d’équipe. Une partie théâtre d’improvisation est aussi assurée par le Mitch Impro, le tout pour favoriser la confiance en soi, la posture et la communication verbale et non-verbale. Quatre groupes ont ainsi été créer et chacun développera son propre parcours via une oeuvre à retrouver sur place, chaperonné par Christine Sejean, illustratrice. L’environnement professionnalisant qui leur ait donné d’expérimenter les plonge dans un cercle plus vertueux et sentiment de valorisation.

Quand sera lancé l’ouverture officielle des événements, boutiques & co ? 

Arnaud Bassery: L’inauguration se fera le 5 juin autour d’une oeuvre participative faite de cartons recyclés, sur 19 mètres de hauteur avec 2600 cartons à assembler et qui sera détruite le jour même. 

Le site pourra accueillir maximum 1000 personnes pour garantir une vraie belle expérience à chaque personne qui rentrera sur le site, toujours dans le respect des mesures sanitaires, qui resteront strictes afin qu’aucun risque ne soit pris.

Crédit photos:

Artwork : Christine Sejean,
Cliché : Vince Vdh.

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