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SEINE-ET-MARNE : DEVENUE AVEUGLE, LA JEUNE CAVALIÈRE REMONTE EN SELLE ET REPREND LA COMPÉTITION

Victime d’un accident, Ninon Forget a perdu la vue à 17 ans. A peine sortie de l’hôpital, la jeune cavalière émérite décide de remonter à cheval. Un an plus tard, elle reprend le saut d’obstacles. Puis, elle se met au dressage, discipline paralympique, avec pour objectif une éventuelle participation aux jeux paralympiques de Paris 2024.

Ce dimanche 18 septembre, le Haras de la Forêt à Seine-Port, organisait son traditionnel concours de saut d’obstacle (CSO). Parmi les concurrents, Ninon Forget détonne. Tout au long du parcours, des balises sonores, qui chantonnent « la-la-la-la », lui signalent l’approche d’un obstacle. Elle et son cheval, Alvaro, s’alignent. Sans ces « crieurs », la jeune cavalière ne pourrait pas prendre part au concours.     

Le 14 juin 2020, voici un peu plus de deux ans, alors qu’elle était en train de changer une protection sur le membre postérieur d’une jument, celle-ci lui décoche un coup de sabot en pleine face. Elle souffre de 27 fractures, elle va subir 27 opérations. Durant son hospitalisation, elle demande sans cesse aux médecins et chirurgiens qui la soignent : « Quand est-ce que je vais pouvoir remonter ? »

N’écoutant que sa passion, 3 mois plus tard, Ninon se remet en selle. Titulaire du galop 7, le plus haut degré d’équitation, elle veut à tout prix reprendre le saut d’obstacle. Alitée, elle a écouté « L’impossible est un bon début », le livre témoignage de Salim Ejnaïni. Ce Bordelais a découvert l’équitation à 12 ans et perdu la vue à 16. Il n’a pas voulu dételer, il a mis au point une méthode pour continuer à monter et à pratiquer le saut d’obstacle. Il a encouragé Ninon à aller au bout de son rêve.    

Non-voyante parmi les cavaliers de concours

Celle-ci a suivi l’exemple de Salim. « J’utilise sa technique, explique-t-elle. Au centre du parcours, mon coach me donne des repères : « droite, gauche, ligne », et avant chaque obstacle une personne crie : « là », ce qui me permet d’apprécier la distance qui m’en sépare. » Lorsque, au bout d’un an, Ninon a repris la compétition, le dispositif s’est adapté. Des balises sonores, on l’a dit, lui signale, à elle et sa monture, l’approche de l’obstacle et elle porte des lunettes dotées d’équipements qui lui permettent de communiquer avec son coach.

Tout comme Salim Ejnaïni, elle s’est alignée dans les concours ouverts à tous. Il n’existe pas en effet de CSO pour cavaliers handicapés. Et c’est au milieu des voyants et face à eux, qu’elle doit défendre ses chances et son rang. En fait, son handicap l’a poussée à faire davantage confiance à son cheval : « Je me focalise vraiment sur ses réactions », confie-t-elle. « C’est une osmose qu’on n’atteint pas forcément quand on voit… et que je n’arrive pas trop à décrire, c’est assez fou », dit-elle avec un grand sourire qui ne la quitte plus.  

Objectif olympique

Chemin faisant, elle a rencontré Roger-Yves Bost, champion d’Europe de CSO (2013) et champion olympique avec l’équipe de France à Rio (2016). Il lui a donné de bons conseils et, au fil de leurs échanges, un nouveau challenge a vu le jour. Elle s’est mise au dressage, qui est bien une discipline paralympique. C’est très différent du CSO, mais, dit-elle « je peux faire les deux en parallèle, c’est un nouvel apprentissage, une nouvelle manière de monter. » Avec, éventuellement, la possibilité de prendre part aux Jeux paralympiques de Paris 2024.   

Crédit photos: Dusan Kostic – AdobeStock.

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