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SEINE-ET-MARNE : FAUTE DE MÉDECINS ANESTHÉSISTES, LA CLINIQUE SAINT-BRICE A ÉTÉ FERMÉE PAR LES AUTORITÉS

Mauvaise nouvelle pour les patients du sud-est du département déjà relativement délaissés, la clinique chirurgicale Saint-Brice, aux portes de Provins, a fermé ses portes et donc ses lits et ses soins. L’ARS (Agence régionale de santé) lui reproche un défaut de personnel et, partant, de sécurité, en particulier en anesthésie.

Toute proche de Provins, la clinique Saint-Brice, dans la commune du même nom, complète opportunément avec ses 50 lits l’offre de soins de la sous-préfecture. Las, l’ARS d’Ile-de-France a estimé, après un contrôle inopiné, que les conditions de sécurité n’étaient pas remplies pour la poursuite des activités de l’établissement. 

Dans sa décision, l’ARS précise : « L’organisation actuelle du secteur anesthésique conduit à la présence dans l’établissement d’un seul médecin anesthésiste de façon constante en matinée, et avec une fréquence non identifiable l’après-midi… De ce fait, elle présente une fragilité structurelle qui engendre un risque pour la sécurité des patients. » 

La clinique Saint-Brice, consacrée essentiellement à la chirurgie ambulatoire, dispose d’un bloc opératoire avec 4 salles d’opération. Elle a changé de propriétaire il y a 4 ans. Alors cédée par le groupe Elsan, elle est aujourd’hui gérée par le groupe Avec, auparavant dénommé Doctegestio.

Elle avait plutôt bonne réputation et des projets d’investissement. Elle s’enorgueillit sur son site de la note A – « la meilleure » – décernée par la Haute autorité de santé.    

« Dénigrement » 

Sur décision de l’ARS, le bloc opératoire a été fermé le 18 juillet dernier. S’en est suivi une pluie de révélations, notamment sur les antennes de Radio-France. Sous couvert d’anonymat, un médecin a affirmé que la clinique faisait figurer sur son planning un ou des médecins anesthésistes qui n’étaient pas là. Un autre parle de « stérilisateur en panne » et de « système incendie pas à jour ». Au bout du compte, l’ARS a ordonné l’arrêt de toutes les activités.

Le directeur des opérations du groupe Avec a dénoncé, dans La République de Seine-et-Marne, une « campagne de dénigrement ». Il y voit la main de professionnels qui espéraient du nouveau gestionnaire de la clinique des avantages substantiels et se vengent aujourd’hui de ne pas les avoir obtenus.

Il reconnait cependant que, durant la crise du covid-19, la situation s’est dégradée. La clinique ayant été mise à l’arrêt complet durant un moment, les anesthésistes présents sont partis ailleurs.    

Quel avenir ?

Maintenant, la clinique souffre, comme bien d’autres, du manque de personnel. L’ARS a été avertie en temps utile qu’il n’y avait qu’un seul anesthésiste en permanence dans l’établissement. « Ce n’est pas une situation normale », confie le représentant d’Avec. Les critiques récurrentes et médiatisées de la clinique n’ont évidemment guère incité d’autres médecins à venir y travailler. 

Pour l’avenir, le groupe Avec a esquissé différentes options à l’attention de l’ARS, comme l’abandon de la chirurgie au profit de la médecine, afin de prolonger différemment l’offre de soins. Ou bien la transformation de l’établissement pour accueillir des personnes âgées ou handicapées.

Il espère aussi se rapprocher de l’hôpital de Provins pour y reprendre ses activités chirurgicales arrêtées pour l’heure. Mais ce n’est pas du tout dans les priorités du maire de la ville. A se demander si, à part son gestionnaire qui l’a imprudemment acquise il y a 4 ans, l’avenir de la clinique intéresse grand monde.  

Crédit photos : Kupicoo – Getty Images.

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