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SEINE-ET-MARNE : LES TRAVAUX ONT COMMENCÉ POUR LES IMMENSES BASSINS DE LA BASSÉE DESTINÉS À ÉCRÊTER LES CRUES DE LA SEINE

Le chantier a été inauguré jeudi dernier. Il concerne le premier bassin ou « casier pilote » du grand projet qui fera de la vaste plaine inondable de La Bassée un réservoir destiné à éviter les inondations lors des crues de la Seine. Il devrait entrer en service en 2024 et, à terme, être complété par 8 autres bassins.

Les grandes inondations de 1982 en région parisienne avaient incité les pouvoirs publics à chercher de nouvelles solutions. Les 4 « grands lacs », de gigantesques réservoirs artificiels construits en amont de Paris au fil des décennies, servent en principe à cela. Ils sont ambivalents, servant d’abord à pomper et stocker l’eau de la Seine et de ses affluents lors des crues, et la relâchant pendant les épisodes de sécheresse. Mais ils se sont révélés insuffisants. 

L’EPTB (Etablissement public de bassin territorial) Seine Grands Lacs, qui les gère, a alors avancé le projet d’un « 5ème lac » à La Bassée, entre Nogent-sur-Seine et Montereau-Fault-Yonne, à cheval sur la Seine-et-Marne et l’Aube. Il est situé à un endroit idéal, en aval du confluent entre la Seine et l’Yonne. Mais il a soulevé beaucoup de critiques et, le temps passant, on a minimisé le danger et remisé ce projet. De nouvelles inondations en juin 2016 l’ont remis à l’ordre du jour. Et ce, d’autant plus que le réchauffement climatique paraît porteur d’autres phénomènes de même nature mais de plus grande ampleur. 

Un débat public a eu lieu. Les oppositions, fortes, en particulier du côté des écologistes, du fait de la présence d’une réserve naturelle sur le site. Le projet a été substantiellement modifié. Il ne s’agit plus de bâtir un réservoir permanent, à l’image des « grands lacs », mais de faire de la plaine inondable de La Bassée un déversoir provisoire des eaux en excès, celles-ci retournant dans le fleuve une fois la crue passée.        

« Casier pilote »  

Il a en outre été décidé de réaliser un premier bassin, appelé « casier pilote », de façon à pouvoir mesurer ses effets et affiner le projet en conséquence. Il couvrira une superficie de 372 ha, délimitée par 7,8 km de digues. Il se remplira lors des plus fortes crues en l’espace de 2 ou 3 jours et permettra de stocker 8,8 millions de m3, diminuant ainsi la hauteur des eaux de 15 cm au plus. Il faudra entre quelques jours et 3 semaines pour le vider, suivant le niveau du fleuve et sa décrue plus ou moins rapide.  

Le coût des travaux de ce premier bassin s’élève à 114 millions d’euros. Les travaux ont commencé en janvier dernier. L’EPTB, présidé par Patrick Ollier, maire LR de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), a attendu que soient passés les rendez-vous électoraux du printemps et que le nouveau gouvernement soit entré en fonctions pour inaugurer le chantier. Le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu, est venu y procéder, une façon de montrer que l’Etat se préoccupe de la prévention des effets désastreux du dérèglement climatique.   

Casiers supplémentaires

Si ce casier expérimental s’avère efficace, il est prévu d’un construire 8 autres, pour compléter le dispositif et faire face aux épisodes les plus dramatiques. L’EPTB envisage ainsi d’utiliser environ 2 300 ha sur les 30 000 qui composent la pleine humide et inondable de La Bassée.

Le projet global reviendrait à 600 millions d’euros, il permettrait de retenir jusqu’à 55 millions de m3 et de réduire de 20 à 60 cm la hauteur du fleuve en aval. La fréquence des crues auxquelles il aurait à faire face est estimée aujourd’hui entre 5 et 10 ans.

Crédit photos: Encrier – GettyImages.

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