Nos régions
Carte de la France - Grand-Est
Carte de la France - Bourgogne-Franche-Comté
Carte de la France - Île-de-France
Carte de la France - Occitanie
Carte de la France - Haut-de-France
Plus

SEINE-ET-MARNE : NEUF POLICIERS CONDAMNÉS POUR AVOIR FAIT DE FAUX PASS SANITAIRES

Opérant dans des centres importants de vaccination, ces pompiers ont profité de leur accès au système d’attestation pour obtenir de faux pass sanitaires. 23 sapeurs-pompiers passaient, le mardi 22 novembre, devant les juges, qui ont condamné 9 d’entre eux à des peines de prison avec sursis et des interdictions temporaires d’exercer.

« C’était comme mettre un poulet rôti sur la table devant des gens affamés », s’est défendu l’un des 23 sapeurs-pompiers qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Fontainebleau. Ils étaient accusés de s’être procuré frauduleusement des passes sanitaires, entre mai et août 2021. C’était simple comme bonjour pour eux qui avaient accès au code d’entrée du système de certification d’Ameli

Ils venaient de différentes brigades de Seine-et-Marne et s’s’étaient retrouvés dans un des deux vaccinodromes de Seine-et-Marne dont la gestion, au plus fort des vagues épidémiques,  avait été confiée au SDIS 77 (Service départemental d’incendie et de secours de Seine-et-Marne).

Dans ces centres de vaccination contre le Covid, installés à Fontainebleau et Chessy, ils assistaient les médecins et les soignants et procédaient souvent eux-mêmes aux injections.

« On était très inquiets, car il y avait trop de gens victimes de malaises pot-injection », a expliqué l’un des accusés. « On avait juste le choix de conserver notre boulot ou de ne pas accepter un vaccin dont on ne savait pas grand-chose », a ajouté un autre, comme le rapporte « La République de Seine-et-Marne ». La circulaire d’application de la loi du 5 août 2021 leur imposait en effet l’obligation vaccinale, comme aux professions de santé et à d’autres.

En quelques clics, ils se sont donc créé de fausses attestations, en en faisant aussi profiter certains collègues, bénéficiant de ce fait de passes sanitaires sur la base de faux documents.

Dans ce cas, aussi bien la fabrication que l’usage de ces derniers sont passibles de peines de prison.  

Un jugement équilibré 

Le procureur de Fontainebleau n’a pas manqué de relever le manquement au devoir de ces pompiers faussaires. Il les a accusés de « trahir » la confiance des personnes vulnérables qu’ils devaient protéger. Leurs avocats ont précisé qu’il n’y avait aucun « antivax » parmi eux. Les juges ont également cherché à savoir s’il n’y avait pas eu un peu de trafic. Ils ont tous répondu que non et l’enquête ne l’a pas établi. Ils se sont contentés d’en faire profiter d’autres collègues réticents, mais pas même la famille pu les amis.

Le tribunal a condamné le plus sévèrement celui qui avait établi jusqu’à 10 faux certificats de vaccination. Ce jeune homme de 18 ans a écopé de d’un an de prison avec sursis et de cinq ans d’interdiction d’exercer le métier de pompier. Les autres condamnés ont pris de sept à trois mois avec sursis et une année d’interdiction professionnelle.

Les 14 autres prévenus ont tous été relaxés. Les juges les ont fait bénéficier de la loi du 22 janvier 2022, qui prévoit le bénéfice du « repentir » pour ceux qui se sont fait vacciner dans les 30 jours suivant l’infraction. C’est somme toute un jugement équilibré, ni excessif ni laxiste, laissant la porte ouverte à ceux qui finissent par accepter la loi commune. Et ceci au moment où l’on se rend bien compte qu’il va falloir vivre avec la menace du covid pendant un certain temps.        

Crédit photos: Serggn – GettyImages.

Vous souhaitez vous exprimer sur un sujet ?

Comment devenir contributeur

Sur le même sujet