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UN RÉCIT HALETANT DE STÉPHANE BIGEARD QUI FERA VIBRER LE COEUR DES SUPPORTERS

De l’ombre à la lumière du Nord est un roman de Stéphane Bigeard paru aux Éditions Jets d’Encre. Sa date de publication est le premier juillet 2021. L’écrivain vit à Arras, dans la région des Hauts-de-France.

Ce spécialiste de l’univers sportif en a fait son métier, puisqu’il est à ce jour consultant, orienté sur ce domaine de prédilection. Ce premier livre de 392 pages est une fenêtre ouverte vers une passion dévorante pour le monde du football. Le texte traite d’un évènement décisif pour le club des Charbons Ardents, qui a décroché le prestigieux titre de Champion de France en l’an 1998.

Cette victoire a précipité ses membres dans un tourbillon de gloire. C’est là que le titre prend tout son sens. Quelles en sont les conséquences ? Comment protéger cet éclat, cette brillance en pleine « lumière », pour ne pas basculer de nouveau dans la nuit ? 

De prime abord, il est légitime de se demander si un texte orienté exclusivement sur le foot peut également plaire à tous types de lecteurs. Après tout, il s’agit du sport national le plus répandu et le plus apprécié en France. Pour les débutants et aussi les indifférents, l’ouvrage de Stéphane Bigeard réussit à apporter un ton ludique, presque sous forme d’apprentissage, tout au long du récit. Grâce à une préface efficace signée Gervais Martel, l’ancien président du Racing Club de Lens, le lecteur s’interroge (à juste titre) sur le caractère fictif ou vrai des évènements qui sont présentés. Après tout, Axel Coban, le consultant en management et communication fait le même travail que l’auteur derrière ce projet. 

La lecture d’un récit ancré au réel apporte un charme authentique à cette aventure, qui met l’accent sur l’affect et les émotions ainsi que le dépassement de soi. 

Tout débute à Lille, dans le Nord. Les figures ordinaires affirment la crédibilité des scènes. Les dialogues très oraux facilitent l’immersion du lecteur dans cette spirale qui aspire le personnage principal, qui rencontre rapidement le « Menhir », Monsieur Linek, l’entraîneur impressionnant. Dès lors, le consultant habitué au bureau découvre les enjeux du stade. 

Ce récit fait office d’introduction dans les coulisses du foot, car certains passages présentent des rituels et des réalités parfois insoupçonnées de ce milieu élitiste. Pendant le premier match à Leriche, décrit avec minutie, le narrateur entend ces mots forts, au sujet de l’hymne des Charbons Ardents, « Les Corons » de Pierre Bachelet. Cette chanson intrinsèquement liée au nord de la France est connue de tous, même des personnes étrangères au football : «  Quand je chante cet hymne ici, je vois le coron de mes parents, ma première maison. Je vois mon grand-père aller au stade. Je repense à lui, venu de Pologne pour travailler dans les mines pendant trente ans (…) C’est la force de ces mots. Ils nous touchent en plein cœur. C’est un moyen de célébrer à notre manière la beauté du passé. Alors, forcément, on le chante avec amour et passion. » Si les chapitres ne sont pas tous égaux en termes de longueur, ils permettent de couper directement chaque scène et ambiance, afin de ne pas perdre le lecteur. De plus, ils n’ont pas de numéro, ce qui accentue l’originalité du récit. 

Plus qu’un observateur, le personnage principal (qui est aussi le narrateur) cherche à cibler les points positifs et les forces de cette équipe qu’il suit avec passion. Privée de conseils et de précieuses leçons, l’équipe décline. « La magie des rêves » opère pour ceux qui y croient et se donnent les moyens de réussir. 

Pour l’atteindre, la cohésion et l’esprit d’équipe, l’acceptation de soi sont des valeurs primordiales. Celles-ci ne s’appliquent pas seulement au foot, mais dans tous les sports et même dans des secteurs différents de la vie, ne serait-ce que pour prendre soin de soi et des autres. C’est bien là la force de ce roman qui suit les Corons de Laurette avec passion et respect. Avec les victoires s’ajoutent les soirées de fête et la solidarité, la naissance d’amitiés et parfois de rivalités. La réputation et le succès de l’équipe attirent évidemment les journalistes et les médias, qui sont perçus à la fois comme un atout et une menace. Cette ambivalence est souvent observée et remarquée par les sportifs eux-mêmes, qui peuvent être portés par les reporters ou descendus à la moindre erreur. 

L’écriture ne s’attarde pas seulement sur l’entraîneur et les joueurs, mais aussi sur toute l’équipe qui accompagne et qui permet à chacun d’atteindre ses objectifs : « commerciaux, jardiniers, stadiers, secrétaires, intendants, kinés… » Qui aurait pu penser qu’autant de fonctions seraient nécessaires à superviser un match de foot ? Après tout, ce n’est pas qu’un ballon sur une pelouse, et des types qui courent… Les années passent, le prestige s’intensifie avec des lieux plus luxueux et surtout une réputation qui ne cesse de croître, les menant à Westminster. Le club des Corons fête ses cent ans en 2006. Les scènes de match sont parfois agrémentées de dialogues entre commentateurs sportifs, accentuant le réalisme et la crédibilité de ce championnat haut en couleur. 

La relation entre Denis et Axel est attendrissante et forte, malgré des tragédies marquantes, comme le décès brutal d’un joueur. Néanmoins, le club n’a d’autre choix que de persévérer pour espérer s’attaquer au niveau européen. « Le sport d’élite est par nature impitoyable. » C’est par ces mots que s’ouvre le chapitre intitulé « En pleine lumière sous les puissants projecteurs »…

Finalement, cette envolée sportive est une belle leçon de vie qui dépasse le domaine du foot. Pour bâtir un projet et le réussir, les fondations solides sont nécessaires. Ce livre a su mettre en lumière différentes stratégies dans un stade empli de supporters et dans leur intimité. Un récit spontané et sincère, livré sans artifice et desservi par une plume brute, mais efficace.

Crédit photos: Média Livres.

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OISE

BEAUVAIS : CAROLINE CAYEUX ENTRE DANS LE NOUVEAU GOUVERNEMENT

POLITIQUE

Celle qui tient les rênes de la mairie de Beauvais depuis 2001, et s’est récemment rapprochée de la majorité présidentielle, a été nommée ministre chargée des Collectivités territoriales sous la double tutelle du ministre de l’Intérieur et des outre-mer, Gérald Darmanin, et du ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, Christophe Béchu.

Sa nomination à un portefeuille ministériel était attendue. Elle est, à présent, confirmée. Caroline Cayeux a été appelée par Élisabeth Borne pour occuper le poste de ministre déléguée chargée des Collectivités territoriales au Gouvernement. Elle succède, en partie, à Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, battue lors des dernières élections législatives dans la sixième circonscription de l’Essonne.
Engagée depuis près de 40 ans au Rassemblement pour la République (RPR), à l’Union pour un mouvement populaire (UMP), puis chez les Républicains (LR), cette femme de droite proche de François Fillon faisait partie des 600 élus locaux à appeler à la réélection d’Emmanuel Macron, fin 2021. Conseillère régionale de Picardie de 2004 à 2011, puis sénatrice de l’Oise jusqu’en 2017, Caroline Cayeux n’avait encore jamais occupé de responsabilités ministérielles.

Réélue au premier tour

Élue en 2001 à la mairie de Beauvais, cette enseignante de formation a succédé au socialiste Walter Amsallem et a été régulièrement reconduite par les électeurs jusqu’à obtenir la majorité dès le premier tour lors des élections municipales de 2020. Elle préside, par ailleurs, depuis cette même année, l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT).
« Extrêmement honorée d’être nommée ministre déléguée aux collectivités territoriales. Cette marque de confiance m’honore et m’oblige. Je sais la richesse que sont nos territoires pour notre pays. Je les défendrai sans relâche, au service des habitants et des élus locaux », a-t-elle déclaré sur son compte Twitter.

Elle retrouvera au Gouvernement une autre personnalité de l’Oise, Isabelle Rome, qui a été confirmée au poste de ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances.